collecte du coran

Retournement idéologique – création de la Mecque et du coran

Après la mort de Mohamed et la conquête de Jérusalem, ses successeurs, les califes, ressentent le besoin d’effectuer le tri et la réunion des feuillets nazaréens, en les adaptant : le coran. Ils ont établis leur capitale à Damas, en Syrie, et pas à la Mecque, qui n’existe pas encore.

La chronique de Sébéos raconte : Je dirai encore les desseins des Juifs insurgés qui, ayant rencontré un certain temps l’assistance des Hagarènes, conçurent le dessein de réédifier le temple de Salomon; ayant découvert l’endroit qui s’appelle Saint des Saints, ils y construisirent avec les fondations et le bâtiment un lieu de prières pour eux-mêmes. Les Ismaélites, jaloux d’eux, les repoussèrent de cet endroit et appelèrent ce lieu leur [maison] de prières. [Les Juifs] construisirent dans un autre endroit, près du temple, un autre lieu de prières pour eux-mêmes.

Les conquérants de 640 (Omar et le rabin Kaab al Ahbar, originaire du Yémen et converti) ont donc reconstruit à Jérusalem le « cube » du temple, le saint des saints,  mais le messie n’est pas revenu, ils se jugent donc trompés par leurs mentors nazaréens, ils rompent leur alliance avec les juifs, et se retournent contre eux. Et c’est alors que le sentiment d’appartenir à une nation supérieure leur montre la nécessité de réformer complètement leur idéologie.

Ils doivent maintenant continuer leur conquête et soumettre le monde entier, et Omar prenant le titre de calife, lieutenant de dieu sur la terre, prend la fonction du messie qui est d’éradiquer le mal sur cette terre. Il doit en tout premier lieu faire disparaitre les origines judéo-nazaréennes de l’islam, en Syrie, et les remplacer par une fiction d’arabes ignorants, polythéistes, en Arabie, que Mohamed aurait convertis. Il faut aussi créer un temple ne devant rien ni aux juifs ni aux chrétiens, donc préexistant à Jérusalem : c’est La Mecque (califat de Muawiyah  660-680), que l’on déclara fondée par Abraham et Ismaël, par Adam même, et où on construisit ce temple  « Alors, Abraham rétablira les assises du Temple avec Ismaël. ». Il s’ensuivit le changement d’orientation de la prière (la qibla) de Jérusalem vers la Mecque ([1]). Il faut encore justifier cette nouvelle croyance par un texte cohérent capable de rivaliser avec les textes juifs et chrétiens or les seuls écrits sont encore ceux laissés par les nazaréens, d’où leur réécriture, en quelques versions successives éliminées, pour élaborer le coran en supprimant les références à leurs promesses non tenues ([2]) et en privilégiant la vision messianique de conquête du monde par les justes. Pour cette réécriture, les moyens suivant sont employés : remplacement de mentions inconvenantes, ajout de mot, de noms de lieux ou de personnes, de phrases, réorganisation du texte, ordonnancement des versets, changement du sens des mots, discours complémentaire par un hadith ([3]), réécriture des événements historiques et géographiques, destruction des sources écrites comme des traces archéologiques. Un des changements, sans doute suggéré par le rabbin Kaab ([9]), consiste alors à renommer Jésus en Issa (Les rabbins surnommaient péjorativement Jésus en Esaü (qui était roux) en référence au rouge des légions romaines. Il faut enfin donner une origine à ce texte, qui ne peut avoir été transmis par les nazaréens, d’où l’invention du prophète, qui a reçu ce livre de Dieu lui-même.

Cette manipulation de l’histoire s’accompagne de résistances et de guerres civiles (fitna) et pour répondre aux questions soulevées, maintenant que le coran est figé, on invente les hadiths, qui font dire au texte ce qu’il ne dit pas et qu’on veut qu’il dise.  On assiste alors à une succession de cycles : apparitions de questions et d’incohérences, discorde et contestation du pouvoir, émergence d’un chef autoritaire disciplinant l’oumma et manipulant les textes.

Il faut encore, maintenant que le peuple élu est devenu l’oumma, que cette meilleure communauté prenne possession de sa terre promise, devenue le monde.

Si tu as créé le monde pour nous, pourquoi ne le possédons nous pas en héritage  (4ème livre d’Esdras 3 :59) La terre appartient à dieu. Il en fait hériter qui il veut parmi ses créatures, et le résultat appartient aux pieux (7 :128). Dans le deutéronome on trouve : L’Éternel me dit: Lève-toi, va, marche à la tête du peuple. Qu’ils aillent prendre possession du pays que j’ai juré à leurs pères de leur donner. (Deut 10 :11 )

La terre doit donc appartenir aux pieux et aux justes parce qu’ils obéissent à dieu et qu’ils doivent réaliser le salut du monde tel que dieu le veut et préparer le retour du messie.

La conquête des fils de lumière sera entreprise en premier lieu contre le lot des fils des ténèbres auxquels viendront en aide les transgresseurs de l’alliance…. la domination (des païens) disparaitra, pour que soit abattue l’impiété sans qu’il y ait un reste et sans qu’il y ait un rescapé pour tous les fils de ténèbres. Alors les fils de justice éclaireront toutes les extrémités du monde. (Règlement de la guerre 1 :7 qumran) ([4])

Dans l’apocalypse de jean, c’est la bête qui mène la grande guerre, et qui soumet les justes, et ce sont les anges qui finissent par la terrasser, pas les fils de lumière.

Mise par écrit du coran

En révélant le coran au prophète Dieu ne lui a pas demandé d’en réunir les versets et les sourates sous forme d’un livre, sinon on aurait trouvé trace de cette injonction dans le coran. Et Mohamed n’a pas recommandé à ses compagnons d’en faire un corpus, sinon on en aurait trouvé mention dans les hadiths.

Boukhari rapporte  que « Pendant la bataille de Yammanéh, Abou Bakr [632-634] convoqua Zéid Ibn Sabét, un des secrétaires de Mohammad, et Omar était présent également. Abou Bakr dit à Zéid : Durant les batailles, la tuerie de ceux qui connaissaient le Coran par cœur, s’est intensifiée et je redoute qu’elle continue et que par conséquent, une partie du Coran disparaisse. A mon avis, tu dois essayer de recueillir le Coran. Zéid dit à Omar : Comment pourrais-je faire ce que le prophète lui-même n’a pas fait ? »  Mais il  s’y résolut car Ibn Abi Dawud rapporte ses paroles : Je me mis à suivre les traces du coran, en recopiant ce qui était écrit sur des feuillets, des tiges de palmiers et des pierres plates et en transcrivant ce qui était dans la poitrine des hommes [[5]]. Zayd et ses assistants prirent toutes les précautions nécessaires : « On n’acceptait un passage que sur le témoignage de deux personnes attestant qu’il avait été inscrit en présence du messager d’Allâh » (Al-Itqân, volume 1, p. 100) on a donc accepté pour valider la parole de dieu uniquement 2 témoins, et pas 4 ! Ce premier recueil fut alors confié à Aïcha, la fille d’Abou Bakr ou, selon d’autres, à Hafsa, la fille d’Omar, toutes deux épouses de Mohamed.

Une autre tradition affirme que la première personne qui, après la mort de Mohamed, se chargea de recueillir le Coran fut l’Imam Ali, gendre du prophète. L’ouvrage Al Etghan-la Perfection, rapporte : « Lors de l’alliance avec Abou Bakr (premier calife de Mohammad), Imam Ali resta chez lui. On dit donc à Abou Bakr qu’il se défendait de son alliance. Abou Bakr envoya le chercher et lui dit : As-tu évité mon alliance ? Ali dit : Je jure à Dieu que non. Abou Bakr lui demanda : Qu’est-ce qui t’a éloigné de nous ? Imam Ali répondit : J’ai redouté qu’il y ait des ajouts dans le livre de Dieu, je me suis alors dit que je ne me préparerais pour sortir que pour faire la prière, et cela jusqu’à ce que je l’ai recueilli.« 

La tradition musulmane indique que les versets ont été révélés séparément, et concernant le rassemblement dans chaque sourate, plusieurs hadiths affirment que cela a été fait au fur et à mesure selon les indications de Gabriel à Mohamed, ainsi Ibn Faris a dit : « Le rassemblement du coran est de deux sortes : l’agencement des sourates comme le placement des « Sept longues » avant les « Miine ». Ce travail fut mené par les compagnons. Quant à l’autre rassemblement consistant à rassembler les versets de chaque sourate, il fut décidé et exécuté par le prophète selon un ordre de son maître transmis par Gabriel. Certains en trouvent la preuve dans la divergence des ancêtres pieux à propos de l’agencement des sourates. Les uns les ont classées suivant un ordre chronologique, ce qui est le cas dans la version d’Ali qui commence par la sourate Iqra suivie par la sourate al-moudaththir suivie par Noun puis Mouzammil etc. C’est aussi le cas de la version d’Ibn Massoud qui commençait par la sourate al-Baqara suivie de la sourate an-Nissaï puis de la sourate al-Imran avec des différences très importantes. C’est encore le cas dans la version d’Ubay ».

Le coran dIbn massoud n’avait que 111 sourates, celui d’Ubay ibn kaab en avait 116 et celui de Zaid (la version qui nous est parvenue) 114.

Sous le califat d’Abd al Malik, al Hajjaj fit ajouter vers 700 les voyelles et les accents diacritiques, d’où nouvelle diffusion d’une version officielle, et destruction des versions précédentes ([6]).

Il n’existe plus aucun des feuillets nazaréens ni aucune des versions intermédiaires du coran car les califes (Abou Bakr, Umar, Othman, Ali, Muawiya, Marwan, Abd al Malik), qui se sont chargés de la compilation des versets et de leurs refontes successives jusqu’au IX° siècle, en fonction de leurs volontés politiques, ont fait bruler tous les autres recueils parallèles (ceux d’Ubayy en Syrie, d’Ibn Masud à Kufa, d’Abu Musa en Irak, …) et surtout tous les feuillets qui ont servis de sources, Hudhayfa, général conquérant de l’Arménie, aurait ainsi conseillé Othman (644-656) en 645 : « rattrape cette umma avant qu’elle ne diverge sur le livre comme ont divergé les Juifs et les Chrétiens » . Ibn sa’d, l’auteur de la biographie d’Othman ne parle que de la collecte d’Omar. Cependant les traditions rapportent son action. « Othman envoya à chaque région musulmane une copie de ce qu’ils avaient copié et ordonna que tous autres matériaux coraniques que ce soient des morceaux de manuscrit ou des copies entières soient brulés » (Bukhari :4987). Ce soucis de destruction des sources dure toujours ([7]).

Les chiites reprochent aux sunnites d’avoir falsifié le coran lors de sa mise par écrit ([8]), pour évincer la famille de Mohamed du califat et s’accaparer la part des butins réservée au prophète. Muawiya donne à son gouverneur al-Mughira, ces consignes : « Ne vous lassez pas d’insulter Ali et de demander la miséricorde de Dieu pour Uthman, de diffamer les compagnons d’Ali, de les écarter et d’omettre de les écouter; de louer, par contraste, le clan d’Uthman, de les attirer près de vous et de les écouter. » C’est une incitation officielle à la fabrication de faux hadiths. Des traditions furent donc inventées dans un esprit de polémique pour réfuter des pratiques ou des doctrines contraires, des détails sur la vie du Prophète furent inventés pour étayer des doctrines légales. Les opposants faisaient de même.

David Wood, un blogueur chrétien, constate que « Les musulmans commencent à prêter attention à l’évangile lorsqu’ils ont eu des raisons de douter de l’islam et ils se disent : Mes imams m’ont affirmé toute ma vie que le coran a été parfaitement préservé, et là, David et d’autres me mettent sous le nez les sources de l’islam et elles prouvent que le coran n’a pas été parfaitement préservé, pourtant je sais que ces imams ont lu ces sources ! alors pourquoi me disent-ils l’opposé de ce qui est dit dans les sources ? Il est peut-être temps que j’arrête de me fier bêtement à tout ce que racontent les imams ! Il faut que j’examine les choses par moi-même ! ».

L’islam actuel n’est pas l’islam de Mohamed

Dans le manuscrit de 874 évoquant la controverse de 644 entre Said ibn Amir, l’émir de Homs et le patriarche  jacobite Jean I, l’émir, antichrétien, ne mentionne ni un prophète, ni Mohamed, ni le coran, mais il demande une citation de Moïse dans la thora prouvant que le Messie était Dieu ! et il lui demande de se convertir non pas à l’islam mais à la loi mahgrâ (la loi des magrayé, mot syriaque signifiant : les émigrés).

Jean de Damas, mort en 749, ignore le rôle de Gabriel comme transmetteur du coran, il ignore aussi l’ascension de Mohamed et le dogme du coran incréé, et enfin il ignore le verset annonçant Mohamed comme l’esprit consolateur, le saint esprit des chrétiens.

Muqatil ibn Sulayman, commentateur du coran, mort en 765 ne mentionne en 750 aucune chaine de transmission. Pour certains hadiths, selon les rapporteurs, il existe plusieurs chaines de transmission, différant d’un nom. Jamais on ne sait ni si ces traditions se réfèrent à un écrit, ni quel scribe a fini par la mettre par écrit et quand, et aucune date n’est donnée.

Les écrits, quand il y en a eu, même tardivement, (Ibn Ishaq), ont été détruits ou amendés à une époque ultérieure, en vue de propager la vérité des clercs musulmans, et on n’en connait donc que des citations (Ibn Hisham, Ibn Bukayr).

Le Fiqh Akbar, datant du milieu du VIII° siècle, ne fait aucune référence au coran.

La racine HMD et MHMD représente un titre, qui est attesté avant l’islam, dès 610, sur des pièces de monnaie, qu’il faut comprendre comme hmd Allah « louange à Allah » et « louange à Allah  et à son régent le roi envoyé par dieu » Il ne s’agit pas encore d’un nom propre, mais d’un titre de glorification que se donne le prince. Zubayr, « Commandeur des Croyants » dissident, est le premier vers 685 à avoir frappé à Bishapûr en Iran des pièces de monnaie avec la mention MHMD seule ou avec la mention mhmd razul Allah (Mohamed envoyé d’Allah). D’autres pièces ubayd Allah (serviteur d’Allah), mslm ilah (soumis à Allah) font aussi leur apparition. Cette formule « mhmd razul Allah » sera immédiatement réappropriée par Abd al Malik sur des pièces en 689 et marquera la naissance du mythe du prophète, inscrite sur le dôme du rocher (691).

Les premières mentions écrites du nom de Mohamed, un siècle après sa mort, sont sans la formule de bénédiction « que les prières d’Allah et la paix soient sur lui« .

La première utilisation de l’ère de l’hégire dans les manuscrits date de 637.

L’inscription intérieure du dôme du rocher, la plus ancienne (691), ne parle ni du coran, ni de l’ascension de Mohamed. Le dogme du coran incréé fait débat jusqu’au IXème siècle.

Dans la Charte de Médine, le mot musulman est absent, la toute première mention date de 691, sur le Dôme du Rocher. La première mention sur une monnaie date de 768. La première mention sur papyrus, une chronique syriaque, date de 775. Le terme ne se généralise que deux siècles après la mort de Mohamed. Et donc les mots islam et musulman, ne peuvent avoir été présents dans les premières versions du Coran, car ils n’existaient pas à l’époque des premières collectes. Les versets du Coran comportant l’un de ces mots sont des ajouts.

Les seuls documents contemporains des débuts de l’islam sont non islamiques, originaires des peuples vaincus : Thomas le presbytre (640), chroniqueur syriaque, Sébéos, chroniqueur arménien (660), Jacob d’Edesse, écrivain syriaque (698), Jean de Nikiou, chroniqueur copte (650), mais uniquement connu par une traduction tardive, et un autre chroniqueur arménien anonyme (660). La « vie de Mohamed » qu’Ibn Ichaq aurait écrite vers 754 n’a jamais été retrouvée, les sira à notre disposition, qui le citent abondamment, datent du IX° siècle (810 et 830), elles font émerger une figure de prophète, calquée sur un guerrier de l’époque, digne de louange.

Les adaptations des textes initiaux

La lecture du coran dans l’ordre traditionnel des sourates (par ordre approximatif de longueur décroissante et pas par ordre chronologique de révélation) ne permet malheureusement pas de constater l’évolution du vocabulaire, l’apparition de nouveaux mots, de nouveaux noms propres, de nouveaux thèmes, et l’évolution des précédents. Pourquoi les scribes ont-ils voulu plonger le lecteur dans cette confusion absurde ?

Il faut d’abord souligner les mentions de noms propres ajoutées entre parenthèses par les commentateurs et les traducteurs (en particulier les noms de Mohamed, Gabriel, la Mecque, Jérusalem, coran, …) la comparaison des anciens manuscrits (mosquée de Sanaa, …) et des considérations linguistiques et stylistiques ainsi que de rimes mettent en évidence les strates et ajouts dont la liste qui suit n’est qu’un récapitulatif de ce qui a été présenté sur ce site :

Tous les pronoms personnels sans contexte (« Tu », « Il », …) se rapporteraient à Mohamed si on en croit les commentateurs, qui ajoutent son nom entre parenthèse. Quelques exemples :  « il » 80 :1, « toi » : 73 :1, « t’ » 48 :1,  « te » 48 :2, « le serviteur d’Allah »: 73 :19,  « m’ » : 72 :1, « Je » 44 :18,  « noble messager » : 69 :40, « Ce Prophète » : 66 :1, « votre compagnon » 81 :22, 53 :2, « le plus humble » : 63 :8.

Le dogme de la descente du verbe de dieu, le coran, est une réécriture de la descente de dieu qui s’incarne en Jésus, verbe de dieu. mais il a été rajouté en plusieurs strates aux textes initiaux : le coran est d’abord transmis graduellement (27:1) par Gabriel, et mémorisé oralement, puis des scribes le notent sur des supports improbables (omoplates de chameaux, …), il apparaît ensuite incréé (97:1 voir notre page l’ascension de mahomet) (dogme imposé par al Mutawakkil en 850), et préservé de toute éternité sur la table de dieu. Et il s’ajoute en autoréférence à la torah et à l’évangile (5 :66-68, 9 :111).

Jésus a été empêché de remplir sa mission, qui a échoué, et donc le dogme, en minimisant le message de Jésus, message qui est complètement absent du coran, cherche à transférer les attributs de Jésus verbe de dieu au coran édité, verbe de dieu, ou à Mohamed, porte parole de dieu.

Avec la prise de Jérusalem (638), les troupes de gog et magog sont repoussés (sourate 18) La proximité de la fin des temps, avec le retour attendu du messie, verbe et esprit de dieu, est peu à peu déçue : l’apocalypse n’est plus pour demain et le croyant doit assurer lui-même son salut par la mort en martyr au combat contre le camp du mal, seul voie d’entrée au paradis. Les traces des alliés et instructeurs initiaux, les nazaréens (juifs et chrétiens), ayant fait croire à ce projet messianique qui ne se réalise pas sont éliminés, pour les recouvrir, leur nom, nazara, change de sens et désigne autre chose : les chrétiens. L’orientation de la prière est modifiée de Jérusalem vers un site patrimonial (Pétra) puis vers un site vierge de toute racine juive ou chrétienne (la Mecque) (2:144 voir notre page la Mecque). Mais il y a quelque chose qui ne va pas dans le changement de qibla vers la Mecque : il aurait été ordonné par Mohamed alors à Médine, alors que la Mecque lui était rebelle. Vers quoi se prosterner en direction de la Mecque ? la kaaba contenait encore les idoles des mecquois (la tradition nous apprend que ces idoles furent brisées plus tard, lors de l’entrée de Mohamed à la Mecque). C’est alors que surgit l’idée, dans les sourates médinoises, de faire d’Abraham le bâtisseur de la kaaba (2 :125), et donc le fondateur de la Mecque. Cela suit l’élimination des juifs de Médine, qui ont rejeté les signes évidents : « L’avilissement et la misère s’abattirent sur eux; ils encoururent la colère d’Allah. Cela est parce qu’ils reniaient les révélations d’Allah, et qu’ils tuaient sans droit les prophètes. Cela parce qu’ils désobéissaient et transgressaient » (2 :61) le peuple de Moïse et ses descendants sont « tueurs de prophètes » (2 :61-91, 3 :21-112-11-183, 4 :155), L’évangile également fait dire aux juifs choisissant de libérer Barabas plutôt que Jésus : « que son sang retombe sur nous et sur nos enfants » (mathieu 27 :25). Il s’agit  alors de remplacer le temple de Jérusalem par un autre, qui est la première demeure qui ait été fondée pour les hommes (3 :96) construite par Abraham, initiateur du culte primordial, monothéiste, musulman (2 :127), comme les autres prophètes après lui. Leurs descendants juifs et  chrétiens s’étant fourvoyé et ayant perverti le message divin.

La sourate 48, qui raconte la victoire éclatante de Mohamed sur les mecquois, ne parle pas d’une bataille mais de négociations pour autoriser Mohamed à effectuer son pèlerinage pendant le mois sacré sans être inquiété. Ce pèlerinage se déroula entièrement dans la ville, y compris le sacrifice, sans aucune référence à Abraham (Voir notre page de documents conquête de la Mecque).

Toute mention contre les juifs est modifiée pour attaquer aussi les chrétiens.  (2:111, 2 :113, 2:120, 2:135,  2 :140, 3 :67, 5 :18, 5 :14, 5 :51, 9 :30).

Une séquence s’adressant initialement aux seuls juifs, pour les inciter à croire en Jésus le messie, disait initialement que Jésus le messie est assurément un messager d’Allah (4 :171), elle est transformée en une polémique antichrétienne pour affirmer aux chrétiens que Jésus le messie est seulement un messager d’Allah et on ajoute une diatribe contre la trinité ne dites pas trois …. avant de continuer la séquence juive initiale.

Pour nier la trinité, l’esprit-saint des chrétiens est modifié en l’esprit du saint, Gabriel, qui inspire Mohamed. (2 :87, 2 :253, 5 :110, 16 :102)

Il faut donner à Mohamed et au coran un statut au moins égal à celui de Jésus et de l’évangile, ainsi 2 :89 disait initialement que le coran vient de la part de dieu. Cela est transformé en le coran vient d’auprès de dieu et 2 :101 est modifié également en Mohamed vient d’auprès de dieu. Et en même temps il faut rabaisser Jésus non fils de dieu mais fils de Marie. Le coran, écrit par dieu, est auprès de lui sur la table céleste, alors que l’évangile est écrit par des hommes et Mohamed étant le sceau des prophètes, est donc implicitement au dessus de Jésus et Moïse, simples messagers. Il est cité dans la profession de foi à coté de dieu mais, il ne faut pas aller trop loin et pour contredire ceux qui voulaient faire monter Mohamed aux cieux, comme Jésus, vient la précision que Mohamed est seulement un messager et qu’il est mort (3 :144)

L’obéissance au messager, initialement Jésus ou Moïse, est la clef ouvrant le paradis. Dans les dernières strates ils sont remplacés par le prophète, Mohamed, dont le nom apparaît tardivement (3 :144, 33 :39, 47 :2, 48 :29), y compris la fausse citation de l’évangile (61 :6 voir notre page Mohamed et le saint esprit)

La description  de l’enfer (30 fois plus que le paradis) sert à ancrer la nécessité de l’obéissance absolue aux califes (4:59), successeurs de Mohamed, lieutenants de dieu sur la terre et qui doivent la soumettre pour permettre le retour du messie.

Le mot musulman est introduit tardivement en 16 :102

Toutes ces évolutions du dogme ont été ajoutées par des scribes persans sous l’autorité des califes. Elles se matérialisent par des ajouts, absents des plus anciens manuscrits (ceux découverts à la mosquée de Sanaa par exemple). Or le coran descendu directement du ciel est arrivé dans une culture de l’oralité, alors même que l’alphabet et la grammaire arabe n’étaient pas encore finalisés. Quelle imprudence, pourrait-on dire, de la part d’Allah de soumettre son verbe inaltérable à la faiblesse des grammairiens et des scribes humains ! Les ajouts ont ainsi été facilités par les différentes étapes de l’évolution de l’écriture arabe : ajout des voyelles, ajout des accents diacritiques, chacune de ces étapes étant autant d’occasion idéale pour la diffusion de nouvelles éditions du coran et la destruction des anciennes versions. Les ajouts sont souvent placés en début (24 :1, 97 :1, 17 :1) ou en fin de sourate (48 :29, 4:176) (donc en haut ou en bas de feuillet), là où il est facile de rajouter une ligne sans écrire dans un interligne, ce qui arrive aussi, mais n’est pas très discret. Parfois une longue phrase interrompt la sourate et ce long « verset » qui s’insère parmi des versets, tous de taille beaucoup plus courte, est le signe d’une manipulation (4:171, 5:110, 22 :5, 73 :20, 74 :31). C’est le cas typique des prescriptions juridiques (par exemple 4:176). Enfin parfois le parchemin a été gratté ou lavé pour y changer un mot ou un verset.

(voir http://www.lemessieetsonprophete.com/annexes/alterations-et-codicologie-coraniques.htm ainsi que le coran décréé de Florence Mraizika)

Il n’y a pas de manuscrit complet du coran avant le IXème siècle, et la version diffusée actuellement a été publiée en 1923 par les imams de l’université al Azhar au Caire. La langue arabe du coran normalisé en 1923 n’est évidemment pas celle de Mohamed, ni celle d’Othman ou d’Abd al Malik. Et en quel arabe est écrit le coran éternel sur la table céleste ?

De tout cela, il apparaît que Mohamed n’est ni l’auteur ou le transmetteur du coran ni le fondateur de l’islam. Il ne fut vénéré que 50 ans après sa mort, l’emplacement de sa tombe resta inconnu jusqu’en 702. L’islam est une construction humaine, basée sur un texte qui a pris au moins 300 ans avant de se stabiliser, c’est une œuvre collective (voir Le Coran révélé par la Théorie des codes par Jean-Jacques Walter).

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Voir https://archive.is/GeMVV et notre page Falsifications

Suite : l’arabe

[1] Il y eu un temps de flottement, favorisé par des rivalités et des rebellions rendant la kaaba innaccessible, d’où, en 692, la construction du dôme du rocher, sorte de mosquée centripète, sans mur de qibla, prétendant donc remplacer la kaaba, et qui relance les pèlerinages, vers Jérusalem. C’est Zubayr qui s’est déclaré calife à Pétra qui déplace la kaaba et la pierre noire de Pétra à la Mecque en 687 et est assiégé et tué à la Mecque par Abd al Malik. La construction d’une seconde mosquée, al aqsa, s’imposa ensuite pour officialiser le 1er lieu saint islamique.

[2] Vers 720, l’abandon de l’appellation émigrés qu’ils se donnaient, exprimant l’idée du nouvel exode pour celle de muminims (croyant) et musulmans (soumis) coïncide avec ce reniement des origines nazaréennes. Les mahgrayés (muhajirun – émigrés), étaient nommés par les chrétiens ismaéliens, hagarènes, tayayés ou saracènes (arabes)

[3] Le coran met en garde contre les hadiths : Ceci (le Coran) est la parole d’un noble messager. Et non la parole d’un poète […] s’il avait prononcé d’autres enseignements, nous l’aurions puni. Nous aurions arrêté (de faire descendre) les révélations sur lui. Nul parmi vous n’aurait pu l’aider. (69:40-47) Parmi les gens, il y a ceux qui soutiennent des paroles sans fondement et écartent ainsi d’autres du chemin de dieu sans connaissance et prennent (le chemin de Dieu) à la légère. (31:6) Ceux-ci sont les révélations de dieu que nous te récitons en toute vérité. En quelle parole autre que dieu et ses révélation croient-ils ? (45:6)

[4] Les grottes de Qumran, qui contenaient les manuscrits de la mer morte, constituaient la gueniza d’une synagogue, c’est-à-dire un lieu caché où l’on remise des vieux documents usagés et des textes mis volontairement à l’écart, en en brulant la tranche. Comme dans celle du Caire, on y a retrouvé de très vieux documents de toutes origines.

[5] L’apparition de l’écriture en Mésopotamie date de la fin du IVe millénaire avant JC, le papyrus 2600 av JC, le parchemin était utilisé au IIème siècle av JC, et le papier a été inventé par les chinois vers 105 ap JC. Les juifs ont écrit la torah sur des rouleaux de parchemin, Mais sur quoi Khadidja faisait-elle ses comptes de commerce caravanier avec Mohamed ? Et si on nous raconte cette fable que les musulmans se sont transmis le coran uniquement par oral puis ne l’ont écrit que sur des omoplates de chameaux et autres pierres plates, … c’est tout simplement pour masquer que le coran n’existait pas du temps de Mohamed, qui prêchait le nazaréisme, et qu’il fut créé après coup par les califes en rassemblant et adaptant des sermons et textes  nazaréens, et pas du tout en rassemblant des pierres et des omoplates dont aucune n’aurait été précieusement conservée comme portant les révélations de la parole de dieu, alors que de simples squelettes de diplodocus sont arrivés jusqu’à nous ?

[6] Alfred Louis de Prémare, dans les fondations de l’islam, cite plusieurs récits décrivant la collecte du coran, lire notre page collecte du coran voir aussi http://www.capucins.net/coran-aujourdhui/Les-strates-du-Coran.html

[7] Le Yemen en 1972 a fait disparaitre les photos de feuillets de corans datant du 7° siècle découverts à l’occasion de travaux dans la mosquée, quant aux feuillets eux mêmes … Que vont devenir les nombreux manuscrits religieux circulant au Mali et en Ethiopie ? Le même sort leur est réservé qu’aux bibliothèques antiques d’Alexandrie et de Syracuse. Aucune recherche archéologique n’est possible à la Mecque, d’ailleurs la ville est interdite aux non musulmans, de même que Médine. Les sites archéologiques d’Arabie saoudite ne sont en rien protégés, au contraire, en commençant par les sites « historiques » islamiques, certains sont détruits, soi disant pour éviter l’idolâtrie, en fait pour éviter qu’on découvre qu’ils n’ont rien d’historique. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Destruction_de_sites_liés_à_l%27Islam_précoce)

[8] Ahmad b. ‘Aliat-Tabrisi (première moitié du 9° siècle) transmet dans son livre al-Iljtikig ‘aiä ahl al-lie- d’innombrables traditions rapportant la falsification du coran (tahrif). Mais il déclare que le devoir de la taqiya, la dissimulation de son attitude en cas de nécessité, ne permet pas de fournir des informations plus détaillées. Ce sont les mentions, élogieuses, du compagnon du prophète Ali et de sa famille qui auraient été supprimées. Certains auteurs citent aussi deux sourates qui auraient été supprimées. La version éternelle de la révélation, non falsifiée, sera ramenée aux derniers jours par le messie.

orient

[9] Ibn Kathir rapporte que « de nombreuses personnes ont accepté beaucoup de choses rapportées par Kaab Al-Ahbâr. »  le conseiller d’Omar.

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