collecte du coran

Collecte du coran

Quelques récits racontant les étapes de la constitution des différentes versions du coran par les califes et la destruction des versions intermédiaires

Chronologie des versets

Ibn Faris
Le rassemblement du coran est de deux sortes : l’agencement des sourates comme le placement des « Sept longues » avant les « Miine ». Ce travail fut mené par les compagnons. Quant à l’autre rassemblement consistant à rassembler les versets de chaque sourate, il fut décidé et exécuté par le prophète selon un ordre de son maître transmis par Gabriel. Certains en trouvent le preuve dans la divergence des ancêtres pieux à propos de l’agencement des sourates. Les uns les ont classées suivant un ordre chronologique, ce qui est le cas dans la version d’Ali qui commence par la sourate Iqra suivie par la sourate al-moudaththir suivie par Noun puis Mouzammil etc. C’est aussi le cas de la version d’Ibn Massoud qui commençait par la sourate al-Baqara suivie de la sourate an-Nissaï puis de la sourate al-Imran avec des différences très importantes. C’est encore le cas dans la version d’Ubay,

Formule de bismillah
Ibn Abbâs raconte ainsi :
« J’ai dit à Uthmân : – Qu’est-ce qui vous a poussés à prendre la sourate al-Anfâl – qui fait partie des mathânî – et la sourate Barâ’ah [= at-Tawbah] – qui fait partie des mi’în –, à les joindre l’une à l’autre, à ne pas écrire la ligne « Bismillâh ir-rahmân ir-rahîm », et à les placer toutes deux parmi les sourates as-sab’ at-tuwal ? Qu’est-ce qui vous amenés à faire ainsi ?– Le Prophète (sur lui la paix), me dit Uthmân, recevait en révélation plusieurs sourates. Quand il recevait en révélation quelque partie du Coran il appelait quelque scribe et disait : « Placez ces versets dans telle sourate ». Et quand il recevait en révélation un verset du Coran, il disait : « Placez ce verset dans telle sourate ». La sourate al-Anfâl faisait partie des sourates à avoir été révélées dans les premières années de son installation à Médine, et la sourate Barâ’ah parmi les dernières à lui avoir été révélées. Le thème de ces deux sourates est voisin. Mais le Prophète est mort sans nous avoir dit [contrairement à ce qu’il faisait pour les autres sourates, comme expliqué ci-dessus] si Barâ’ah faisait partie de al-Anfâl [ou pas]. C’est pourquoi j’ai joint l’une à l’autre, n’ai pas écrit la ligne « Bismillâh ir-Rahmân ir-Rahîm » et les ai placées parmi as-sab’ at-tuwal » (rapporté par Abû Dâoûd, n° 876, at-Tirmidhî, n° 3086, an-Nassâï, Ibn Mâja, authentifié par Ibn Hibbân : cf. Fat’h ul-bârî, tome 9 p. 29).

Salim collecte le coran dans un recueil.
Suyûtî,Itqân, I, 166 (chap. 18) ; cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam.
Parmi les informations étranges qui ont été données sur le premier qui collecta le Coran, il en est une fournie par Ibn Ashta dans le Livre des recueils coraniques par la voie de Kahmas, d’après Ibn Burayda qui a dit :
Le premier qui collecta le Coran dans un recueil fut Sâlim, mawlâ d’Abû-Hudhayfa  : il avait juré de ne point revêtir de manteau avant de l’avoir collecté. Il le collecta. Puis on se consulta: Comment le nommer? L’un dit: «Appelez-le « le sifr» On objecta : « C’est un nom utilisé par les juifs. » [Sifr vient de l’hébreu sefer, « livre »] On le rejeta donc. Il dit alors : «J’ai vu qu’en éthiopien on appelle cela « le mushaf ‘. » Ils s’accordèrent donc sur la dénomination de mushaf  [La racine SHF est éthiopienne, dans le sens usuel d’« écrire» ; et le mot mushaf y signifie «écriture / livre ».].
Cependant, la chaîne de transmission de cette tradition n’est pas continue. On peut supposer que Sâlim était un des collecteurs d’Abû-Bakr.

un compagnon d’Ali collecte le coran et en particulier recueille une ébauche de la fatiha
Suyûtî,Itqân, I, 185 (chap. 19), citant Tabarânî; cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’isla..
[…] de `Abd-Allâh Ibn al-Zubayr al-Ghâfigî  qui disait :
Abd–al-Malik Ibn Marwân me dit : «Je sais bien ce qui t’a porté à aimer Abû-Turâb  : c’est que tu n’es qu’un bédouin grossier.» Je lui répondis : «Par Dieu, j’ai collecté le Coran avant que tes parents ne s’accouplent. `Alî m’en a enseigné deux fragments que lui avait enseignées lenvoyé de Dieu et que ni toi ni ton père n’avez connues :
Mon Dieu, nous demandons ton aide et nous te demandons ton pardon.
Nous tadressons nos louanges et nous ne te sommes pas infidèles.
Nous renions et nous délaissons quiconque se révolte contre toi.
Mon Dieu ! C’ est toi que nous adorons
C’ est à toi que nous adressons nos prières et devant toi que nous nous prosternons
Cest vers toi que nous accourons et nous empressons
Nous espérons ta miséricorde et craignons ton châtiment
Ton châtiment atteindra les infidèles.

Ali collecte le coran dans un recueil
Ibn Abî-Dâwud, Masâhif, p. 10 et variante dans Suyûtî, ltqân,I, 165-166, cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam.
D’après `Abd-Allâh [l’auteur] qui le tenait de Muhammad Ibn Ismâ`îl al-Ahmasî lequel le tenait d’Ibn Fudayl selon Ashath qui le rapportait de Muhammad Ibn Sîrîn :
Lorsque le prophète mourut, ‘Ali jura qu’il ne revêtirait point de manteau, sauf le vendredi, avant d’avoir collecté le Coran dans un codex (mushaf). Il le fit donc. Au bout d’un certain temps, Abû-Bakr envoya quelqu’un lui dire : « Père de Hasan, serait-ce que tu répugnerais à ce que j’aie été désigné comme chef? — Non, par Dieu, lui répondit-il. Seulement, j’ai fait le serment que je ne revêtirais point de manteau, sauf le vendredi. » Il lui fit donc allégeance et s’en retourna.
Interpolation à la suite du texte d’Ibn Abî-Dâwud :
Abû-Bakr (Ibn Abî-Dâwud) a dit : Il n’y a qu’Ash`ath qui ait mentionné le volume (mushaf), car il était arrangeant dans (sa transmission des) hadîth (layyin al-hadîth) ; la version ordinaire était seulement : «Jusquà ce que j’aie collecté le Coran », c’est-­à-dire « que je l’aie appris par cœur », car on dit de celui qui sait le Coran par coeur : il l’a collecté / rassemblé.

Abû-Bakr charge Zayd Ibn Thâbit de collecter le Coran dans un recueil
Ibn Hanbal, Musnad, V, 188.10; Parallèles : Bukhârî, Sahih, 66, Fadâ’il al. Qur’ân, 3 Jam’ al-Qur’ân ; Ibn Abî-Dâwud, Masâhif, p. 7-8, etc. cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam.
Abd-Al1âh m’a rapporté, daprès son père disant : Abû Kâmil nous a rapporté d’après Ibrâhîm b. Sa’d disant : Ibn Shi­hâb nous a rapporté de `Ubayd Ibn al-Sabbâq le tenant de Zayd Ibn Thâbit qui disait :
Après que beaucoup furent tués dans les combats de la Yamâma, Abû-Bakr me fit venir. `Omar était assis avec lui. Abû-Bakr me dit : «Zayd fils de Thâbit, tu es un jeûne homme intelligent et au-dessus de tout soupçon. Tu écrivais les inspira­tions (wahy) de l’envoyé de Dieu. Etudie donc le Coran avec soin et collecte-le. » Par Dieu, poursuivait Zayd, s’ils m’avaient chargé de transporter une montagne, cela ne m’aurait pas été plus lourd que de collecter le Coran comme il me lavait ordonné. Je répondis donc : «Feriez-vous alors quelque chose que lenvoyé de Dieu n’a pas fait?! – Par Dieu, me répondit-il, c’est ce qu’il y a de mieux à faire. » Et il ne cessa de revenir à la charge, jusqu’à ce que Dieu m’ouvrît le cœur comme il l’avait fait pour Abû-Bakr et `Omar.

Ibn Abi Dawud  ajoute
Je me mis à suivre les traces du coran, en recopiant ce qui était écrit sur des feuillets, des tiges de palmiers et des pierres plates et en transcrivant ce qui était dans la poitrine des hommes.

Hafsa (fille d’Omar) apporte à Mohamed une copie de feuillets de la tora
Abd-al-Razzâq, Musannaf, XI, 110 (n° 20061), cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam
`Abd-al-Razzâq nous a raconté d’après Mamar, rapporté par al-Zuhrî, que Hafsa apporta au prophète un récit sur Joseph écrit sur une omoplate d’animal, et elle se mit à le lui lire. Le visage du prophète changea de couleur et il dit : « Par celui qui tient mon âme en sa main, si Joseph survenait alors que je suis votre prophète, et que vous le suiviez et me délaissiez, vous seriez dans l’égarement. »

 `Omar se procure une copie de feuillets de la Tora
Ibn Hanbal, Musnad, III, 470.7, cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam
[ …] `Abd-Allâh Ibn Thâbit dit : `Omar Ibn al-Khattâb vint et dit au prophète : « Envoyé de Dieu, je suis passé chez un frère à moi des Qurayza [tribu juive de Médine]. Il m’a écrit des passages qui constituent l’essentiel de la Tora, pour que je te les montre.» Le visage de l’envoyé de Dieu changea, poursuit `Abd-Allâh; je dis donc à ‘Omar : « Ne vois-tu pas le visage de l’envoyé de Dieu? » ‘Omar dit alors : « Allâh nous suffit comme Seigneur, l’islam comme religion et Muhammad comme envoyé.» Le prophète se rasséréna, puis il dit : « Par celui qui tient son âme en sa main, si Moïse se trouvait un beau matin parmi vous et que vous le suiviez et que vous me délaissiez, vous seriez égarés. Vous êtes ma part parmi les nations et je suis votre part parmi les prophètes. »

 `Omar se procure une copie de textes chrétiens
‘Abd-al-Razzâq, Musannaf, XI, 111 (n° 20062)
‘Abd-al-Razzâq nous a raconté, d’après Ma`mar qui le tenait d’Ayyûb d’après Abû-Qilâba  :
`Omar Ibn al-Khattâb passa près d’un homme qui lisait un texte écrit. Il l’écouta durant une heure et l’apprécia. Il dit alors à cet homme : « Accepterais-tu de m’écrire quelque chose de ce texte? – Oui », répondit-il. `Omar acheta une peau et l’apprêta. Puis il revint la lui apporter. Et l’homme lui copia le texte de chaque côté. `Omar l’apporta à l’envoyé de Dieu et se mit à le lui lire. Le visage de l’envoyé de Dieu changea de couleur. Un homme des Ansâr tapa de la main sur le texte écrit et lui dit : « Par ta mère, fils d’al-Khattâb ! Ne vois-tu plus le visage de lenvoyé de Dieu à partir d’aujourd’hui où tu lui lis ce texte?» Alors le prophète déclara: « J’ai été envoyé pour ouvrir et pour conclure; c’est moi qui ai reçu la parole ­totalisante ainsi que ses commencements. Que ceux qui donnent à Dieu des associés  naillent point vous faire périr ! »

`Omar puis `Othman collectent le Coran dans un recueil
Ibn Abî-Dâwud, Masâhif, p. 10-11 ; cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam
D’après `Abd-Allâh (Ibn Abî-Dâwud) qui le tenait de `Abd-Allâh Ibn Muhammad b. Khallâd, lequel a dit : Yazîd m’a rapporté disant : Mubârak nous a raconté d’après al-Husayn :
‘Omar s’enquit d’un verset du livre de Dieu. On lui répondit que c’était Un tel qui l’avait, mais qu’il avait été tué dans la bataille de la Yamâma. «Nous appartenons à Dieu ! » s’exclama Omar. Et il ordonna que l’on collecte le Coran. Il fut le 1e premier qui le collecta dans un volume (mushâf).
D’après `Abd-Allâh (Ibn Abî-Dâwud) qui le tenait d’al-Tâhir (qui disait) : Ibn Wahb nous a raconté, d’après le récit de `Umar bn Talha al-Laythî le tenant de Muhammad Ibn `Amr b. ‘Al-qama, le tenant de Yahyâ Ibn `Abd-al-Rahmân b. Hâtib qui disait :
Omar Ibn al-Khattâb voulut collecter le Coran. Il prononça un discours devant les gens disant : « Celui qui a recueilli de l’envoyé de Dieu un peu de coran, qu’il nous l’apporte.» Or on avait écrit tout cela sur des feuillets, des planches et des tiges de palmier. `Omar n’acceptait rien qui ne soit attesté par deux témoins. Et il fut assassiné alors que l’opération était en cours. Ce fut alors Othmân Ibn `Affân qui annonça : « Celui qui a recueilli de l’envoyé de Dieu un peu de coran, qu’il nous l’apporte.» Et il n’acceptait rien qui ne soit attesté par deux témoins.
Or Khuzayma fils de Thâbit se présenta et dit : « J’ai constaté que vous avez omis d’écrire deux versets. » On lui dit : « Quels sont-ils ? » Il répondit : « J’ai recueilli de l’envoyé de Dieu (les versets suivants) : Vous est venu un envoyé issu de vous-mêmes. Ce que vous faites d’inique lui pèse. Il est jaloux de votre (fidélité), bon et miséricordieux pour les fidèles… jusqu’à la fin du fragment.» `Othmân déclara : « Quant à moi je témoigne que ces deux versets sont bien de Dieu. Où estimes-tu que nous devions les placer? » Khuzayma répondit : « Fais-en la conclusion de ce qui, du Coran, a été révélé en dernier.» Ces deux versets furent donc la conclusion de la sourate Barâ’a [Cet hadith indique que la sourate 9 est la dernière révélée].

Othman récupère les feuillets d’Hafsa, collecte le coran dans un recueil, et le diffuse.
Bukhârî, Sahîh, 66, Fadâ’il al-Qurân, 3 Jam` al-Qur’ân; cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam.
Mûsâ nous a rapporté daprès Ibrâhîm qui disait : Ibn Shihâb nous a rapporté qu’Anas Ibn Mâlik [serviteur de Mohamed] lui avait rapporté ceci :
Hudhayfa Ibn al-Yamân se présenta à `Othman, au temps où il combattait les gens du Shâm dans le but de conquérir l’Arménie et l’Azerbaïdjan avec les troupes d’Irak. Il avait été effrayé par les manières divergentes dont ces hommes récitaient (le Coran), Il dit donc à ‘Othmân : « Commandeur des fidèles, rattrape cette, umma avant qu’elle ne diverge sur l’Ecriture comme les juifs et les chrétiens ont divergé (sur leurs propres Écritures). » `Othman. envoya donc quelqu’un dire à Hafsa (fille de `Omar) : « Envoie nous les feuillets (suhuf). Nous les copierons dans les volumes (masâhif), puis nous te les restituerons. » Hafsa fit envoyer les feuillets à `Othmân, et celui-ci donna des ordres à Zayd fils de Thâbit, à `Abd-Allâh Ibn al-Zubayr, à Saîd Ibn al-As et à `Abd- al-Rahmân Ibn al-Hârith b. Hishâm. Ces hommes copièrent les feuillets dans les volumes. `Othmân dit aux trois quraychites (du groupe) : « Si vous divergez d’avec Zayd Ibn Thâbit en quelque passage du Coran, écrivez-le dans la langue des Quraysh, car le Coran est descendu dans leur langue. » Ce qu’ils firent. Lorsqu’ils eurent recopié les feuillets dans les volumes, `Othmân restitua les feuillets à Hafsa. Et il envoya la copie du codex qu’ils avaient réalisé dans les différentes régions, et il ordonna de brûler tout autre recueil (sahîfa) et tout autre codex du Coran. (Bukhari  4987)

lbn Abi Dawud dans son Kitab AI-Masâhif fait remonter la chaîne à Salem ibn Abdullah qui a dit : « Après que nous soyons revenus de l’enterrement de Hafsa, Marwan exprima à Abdullah ben Omar (le frère de Hafsa) sa résolution d’obtenir ces pages ; Abdullah les lui envoya et Marwan ordonna qu’elles fussent déchirées. II expliqua : J’ai agi ainsi parce que tout ce qui était écrit dans ces pages était sûrement contenu et préservé dans le volume (officiel) et j’étais effrayé à la pensée qu’un jour viendrait peut-être où des gens mettraient en doute cette copie et pourraient prétendre que certaines choses écrites ne figuraient pas dans les pages d’origine. »

Hudhayfa incite Othman à faire un recueil unique et à brûler les codex concurrents
Ibn Shabba, Târîkh al-Madîna, III, p. 998-999, cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam.
Kathîr Ibn Hishâm nous a rapporté, d’après Ja`far Ibn Burqân qui a dit : `Abd-al-A’lâ b. al-Hakam al-Kilâbî nous a rapporté ce qui suit :
J’arrivai à la maison d’Abû-Mûsâ al-Ash`arî. Hudhayfa Ibn al-Yamân, `Abd-Allâh Ibn Mas`ûd et Abû-Mûsâ a1-Ash`arî étaient sur une terrasse. Je dis : «Par Dieu, ce sont eux que je veux voir. » Je commençai à monter, mais il y avait sur la marche un jeune domestique qui voulut m’en empêcher. Je le morigénai et l’un des trois hommes se retourna vers moi. J’arrivai jusqu’à eux, et m’assis près d’eux. Ils avaient devant eux un codex que leur avait envoyé `Othmân en leur ordonnant d’y conformer leurs propres codex. Abû-Mûsâ disait : « Ce que vous trouvez en plus dans mon codex que voici, ne le supprimez pas, mais si vous trouvez qu’il y manque quelque chose, ajoutez-le par écrit.» Hudhayfa dit : « Et que va devenir le travail que nous avons réalisé ? Par Dieu, personne des gens de ce pays ne veut autre chose que la lecture de ce cheikh – il voulait dire Ibn Masûd –, et personne des gens du Yémen ne veut autre chose que la lecture de l’autre – il voulait dire Abû-Mûsâ. » Car c’était Hudhayfa qui avait incité ‘Othman à faire des codex un codex unique.
Ibrâhîm Ibn al-Mundhir a dit : `Abd-Allâh Ibn Wahb nous a rapporté que `Amr Ibn al-Hârith lui avait rapporté que Bukayr rapportait :
Des gens, en Irak, interrogeaient l’un d’entre eux sur un verset, et lorsque celui-ci le lui récitait, on lui répondait : « Je récuse ce verset. » Ce phénomène se répandit parmi les gens qui divergeaient dans la récitation (du Coran). On en parla à `Othmân Ibn `Affân. Celui-ci ordonna de rassembler les codex et il les fit brûler. Puis il écrivit des exemplaires de son propre codex et les diffusa dans les différentes circonscriptions militaires.

`Othmân fait brûler les codex
Ibn Abî-Dâwud, Masâhif, p. 12 ; cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam
`Abd-Allâh (Ibn Abî-Dâwud = l’auteur) nous a rapporté d’après Muhammad Ibn Bashshâr qui disait : Muhammad Ibn Jafar et `Abd-al-Rahmân disaient : Shuba nous a rapporté, le tenant de `Alqama Ibn Marthad qui le tenait d’un homme, lequel le tenait de Suwayd Ibn Ghafla qui disait :
Lorsque `Othmân brûla les codex, ‘Ali (Ibn Abî-Tâlib) déclara : « S’il ne l’avait pas fait lui, moi je l’aurais fait. »

Réquisitoire contre `Othman
Balâdhurî, Ansâb, IV, 1 de l’éd. I. `Abbâs, p. 550-552; cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam
D’après la relation de Wâqidî, Muhammad fils d’Abû-Bakr et Muhammad fils d’Abû-Hudhayfa ne cessaient, en Égypte, dexciter les gens contre `Othman. `Abd-al-Rahmân Ibn `Udays al-Balawî, Sûdân Ibn Humrân al-Murâdî, `Amr Ibn al-Hamiq al-Khuzâ`î et `Urwa Ibn Shiyaym al-Laythî se mirent en route avec 500 hommes, alléguant qu’ils voulaient accomplir le petit pèlerinage (umra). Ils partirent au mois de rajab. `Abd-Allâh Ibn Sa’d b. Abî-Sarh envoya à `Othman un émissaire qui fit le parcours en onze nuits. La troupe alla d’étape en étape jusqu’à Dhû-Khushub [Dernière étape avant Médine].
`Othman dit : « Ces gens veulent soi-disant visiter les lieux saints; mais, par Dieu, ils ne veulent que semer le désordre (fitna). Ma vie a duré trop longtemps pour les gens, mais lorsque je les aurai quittés, ils regretteront le moindre jour de mon temps. »
[…]
D’après Abû-Mikhnaf, les Égyptiens arrivèrent à Médine, et, avec dautres, cernèrent la maison de `Othman une première fois. `Othman, du haut de la maison, leur dit : «Hommes, que me reprochez-vous ? Je suis prêt à vous satisfaire et à revenir dans vos bonnes grâces. » Ils dirent : « Tu as augmenté la surface déterminée par ‘Omar concernant lespace réservé (himâ) aux chameaux provenant des taxes ! » Il répondit : « C’est que le nombre de ceux-ci avait augmenté durant mon gouvernement. » Ils dirent : « Tu as brûlé le livre de Dieu ! » Il répondit : Les gens divergeaient dans leurs lectures. L’un disait : « Mon coran est meilleur que le tien ! » L’autre disait : « Non, c’est le mien qui est meilleur. » Ce fut Hudhayfa qui fut le premier à éprouver cela et m’en fit part. J’ai rassemblé les gens autour de la récitation qui avait été écrite devant l’envoyé de Dieu.
Mais pourquoi as-tu brûlé les recueils ? dirent-ils. Y avait-il des choses, dans ces recueils, qui ne s’accordaient pas avec la récitation autour de laquelle tu avais rassemblé les gens ? N’aurais-tu pas dû laisser les autres recueils comme ils étaient?» Il répondit : « Je voulais que ne subsiste rien d’autre que ce qui avait été écrit devant l’envoyé de Dieu et qui était établi dans les feuillets qui étaient chez Hafsa, l’épouse de l’envoyé de Dieu : j’en demande pardon à Dieu. » Ils dirent : «Tu n’étais pas à Badr ! » Il répondit : «L’envoyé de Dieu m’en avait dispensé pour que je m’occupe de sa fille », etc.

Hafsa (ou Aïcha) fait faire un recueil
Ibn Abî-Dâwud, Masâhif, p. 85-87 ; Ibn Sa`d, Tabaqât, V, 299 ; avec Aïcha à la place de Hafsa : Ibn Abî-Dâwud, Masâhif, p. 83-85
[…] `Ubayd-Allâh nous a rapporté, daprès Nâfi:
Hafsa ordonna à un de ses captifs (mawlâ) de lui écrire un codex. Elle lui dit : « Lorsque tu arriveras au passage : Obser­vez exactement les prières, notamment la prière du milieu (du jour), acquittez-vous (de ce culte) envers Allâh dévotement, ne lécris pas avant que je ne te le dicte de la façon dont je l’ai entendu réciter par lenvoyé de Dieu. » Et lorsqu’il parvint à ce passage, elle lui ordonna décrire : Observez exactement les prières, notamment la prière du milieu (du jour) et la prière de l’après-midi (`asr), acquittez-vous (de ce culte) envers Allah dévotement [Coran 2, 238].

Marwân fait bruler les feuillets de Hafsa
Ibn Abî-Dâwud, Masâhif, p. 21.
Lorsque Marwân était gouverneur de Médine, il envoya quelqu’un à Hafsa pour lui réclamer les feuillets afin de les brûler car il craignait quil n’y ait des divergences entre l’une ou l’autre partie de l’Ecriture. Elle refusa de les lui envoyer.
Ibn Shihâb (= al-Zuhrî) a dit : Sâlim Ibn ‘Abd-Allâh m’a rap­porté ceci : Lorsque Hafsa mourut, Marwân envoya à ‘Abd-Allâh (frère de Hafsa) l’ordre exprès de lui faire envoyer les feuillets de Hafsa. Aussitôt revenu des obsèques de Hafsa, Abd-Allâh Ibn ‘Omar les lui envoya. Marwân les déchira et les brûla de crainte qu’il ne s’y trouvât en quelque passage une divergence avec ce quavait copié `Othman.

Ibn Abî-Dâwud, Masâhif, p. 24-25.
`Abd-Allâh (Ibn Abî-Dâwud) a dit, d’après Muhammad Ibn `Awf qui disait : Abû-l-Yamân a dit : Shucayb nous a raconté d’après Zuhrî (= Ibn Shihâb) qui disait : Sâlim Ibn ‘Abd-Allah m’a raconté :
Marwân envoyait réclamer à Hafsa les feuillets à partir desquels le Coran avait été écrit. Et Hafsa refusait de les lui livrer. Et, dit Sâlim, lorsque Hafsa mourut, et que nous fûmes revenus de son enterrement, Marwân envoya à ‘ Abd-Allâh fils de `Omar l’ordre exprès de lui envoyer ces feuillets. Abd-Allâh Ibn `Omar les lui envoya. Marwân donna l’ordre de les mettre en morceaux. Et Marwân disait : « J’ai fait cela uniquement parce que ce qu’ils contenaient avait été écrit et conservé dans le Livre (de ‘Othman). Puis j’ai craint que, avec le temps, quelque sceptique, n’émette des doutes sur ces feuillets, ou qu’il ne dise que quelque passage de ces feuillets n’avait pas été consigné (dans le volume de ‘Othmân).

Ubayd-Allâh, gouverneur dIrak, fait ajouter les voyelles longues
Ibn Abî-Dâwud, Masâhif, p. 117; cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam
Yahyâ Ibn Hakim a dit : Yahyâ Ibn Hammâd nous a rapporté, le rapportant de Abd-al-Azîz b. al-Mukhtâr, d’après ‘Abd-Allâh b. Fayrûz qui disait :
Yazîd al-Fârisî m’a rapporté que Ubayd-Allâh b. Ziyâd ajouta au codex 2 000 harf [lettre ou mot]. Lorsque al-Hajjâj Ibn Yûsuf arriva (au poste de gouverneur d’Irak), il apprit cela. Il demanda : « Qui a été chargé de cela pour Ubayd-Allâh ? » On lui répondit : « C’est Yazîd al-Fârisî qui en a été chargé. » a1-Hajjâj me fit convoquer. Je me rendis à la convocation, ne doutant pas qu’il allait me faire mettre à mort. Lorsque jentrai chez lui il me dit : « Qu’est-ce qu’il a pris à Ibn Ziyâd de faire ajouter 2 000 harf au codex ? » Je lui répondis : « Dieu ayant préservé l’émir de naître à la Kallâ’ de Basra, c’est à moi que la tâche a été confiée. – Tu as raison », me dit-il ; et il me libéra.
Ibn Abî-Dâwud commente l’anecdote en disant qu’il s’agissait simplement d’ajouter les voyelles longues qui manquaient aux verbes « être » (Kân) et « dire » (qâl) conjugués au passé.

Nasr Ibn ‘Asim ajoute les points et les voyelles, sur commande d’al-Hajjâj
Ibn Khallikân, Wafayât, II, 32, cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam.
Abû-Ahmad al-`Askarî racontait, dans le livre intitulé « Des lectures défectueuses »: Pendant environ quarante ans jusqu’au temps de ‘Abd-al-Malik Ibn Marwân, les gens récitèrent le codex de ‘Othmân. Puis, des lectures fautives se multiplièrent et se répandirent en Irak. al-Hajjâj Ibn Yûsuf al-Thagafî recourut à ses secrétaires et leur demanda de mettre des signes sur ces lettres ambiguës [Mushtabiha : qui se ressemblent et qui sont ambiguës si aucun signe particulier ne les distingue les unes des autres]. On dit que ce fut Nasr Ibn ‘Asim  qui effectua cette opération en mettant les points, uniques ou doublés en des positions différentes (= au-dessus ou au-dessous des lettres). Durant un certain temps, on ne lut donc le texte quavec sa diacritation. Cependant, malgré l’utilisation des points, des lectures défectueuses se produisaient encore. C’est alors que fut créée la vocalisation (i’jâm). On lut désormais en suivant le système des points et des voyelles. Lorsqu’on ne prêtait pas minutieusement attention à un mot en ne faisant pas droit à ce système, il se produisait des lectures défectueuses. On chercha le moyen d’y parer, et on ne trouva pas d’autre moyen que de s’en tenir aux instructions des connaisseurs en récitation orale.

Yahyâ b. Ya`mor? ou Abû-l-Aswad al-Du’alî ajoutent aussi les points et voyelles
Ibn Abî-Dâwud, Masâhif, p. 141.
[… ] Hârûn Ibn Mûsâ disait : Le premier qui ponctua les recueils (coraniques) fut Yahyâ Ibn Ya`mor.
[…] Hishâm nous a rapporté, d’après al-Hasan, que Yahyâ répugnait à ce que les recueils (coraniques) soient ponctués selon la grammaire.
[...] etc.

Ibn Khallikân, Wafayât, VI, 175.
Khâlid (Ibn Mihrân) al-Hadhdhâ’ disait : Ibn Sîrîn avait un codex (coranique) ponctué de la main de Yahyâ Ibn Ya`mor. Celui-ci prononçait l’arabe de la façon la plus pure et la langue classique lui était naturelle et sans artifice. Il existe de nombreuses anecdotes et histoires à son sujet. Il mourut en 129 [746-7 après J.-C].

Yâqût, Udabâ, III, 436.
La majorité s’accorde à dire qu’Abû-l-Aswad fut le premier à établir les règles de l’arabe et à ponctuer le texte coranique.

Ibn al-Nadîm, Fihrist, p. 63.
Les gens ne sont pas daccord sur ce qui a amené Abû-l-Aswad à établir certaines règles de grammaire. Abû-‘Ubayda disait : « Cest de ‘Alî Ibn Abî-Tâlib qu’Abû-l-Aswad apprit la grammaire, mais il n’en divulguait rien à personne, jusqu’au jour où il fut convoqué par Ziyâd [gouverneur d’Irak sous le règne de Muâ­wiya] Celui-ci lui dit: «Fais donc quelque chose qui soit un guide pour les gens et quainsi on connaisse le livre de Dieu. »
D’abord réticent, Abû-l-Aswad finit par accepter, demandant dêtre assisté par un scribe intelligent.
On fit venir un scribe des ‘Abd-al-Qays, mais il n’en fut pas satisfait. On en fit venir un autre, des ‘Abd-Qays également, pense-t-on, Abû‑l-Aswad lui dit : « Lorsque tu vois que j’ouvre la bouche en prononçant une lettre, place un point au dessus de cette lettre ; et lorsque tu vois que je ferme la bouche, mets un point devant la lettre; et lorsque je prononce la syntaxe du génitif, mets deux points. » Telle était la diacritation d’Abû-I-Aswad. Quant à Abû-Sa’îd, il disait : « On dit que, etc. » [autre anecdote explicative].

al-Hajjâj fait écrire et diffuser un codex, avec points et voyelles
Samhûdî,Wafâ’, II, 667-668 – cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam
D’après Muhriz Ibn Thâbit,mawlâ de Salama Ibn ‘Abd-al-Malik, qui le tenait de son père qui disait :
J’étais parmi les gardes d’al-Hajjâj b. Yûsuf. Hajjâj écrivit les codex (du Coran). Puis il les envoya dans les capitales. Il en envoya un à Médine. Les gens de la famille de Othmân réprouvèrent cela. On leur dit : « Sortez le codex de Othmân, qu’on le lise. » Ils répondirent : «II a été détruit lors de lassassinat de ‘Othmân.»
Muhriz ajoutait : Jai appris que le codex de ‘Othman était entre les mains de Khâlid b. `Amr b. ‘Othmân. Et, dit-il, lorsque al-Mahdî accéda au califat, il envoya un codex à Médine. C’est celui que l’on y récite aujourdhui. On écarta le codex dal-Haj­jaj. Il est dans le coffre qui est derrière la chaire.
Ibn Zabâla a dit : Mâlik Ibn Anas  a dit :
al-Hajjâj Ibn Yûsuf envoya des codex dans les grandes villes. Il en envoya un grand à Médine. Il fut le premier à envoyer des codex dans les villes. Celui qu’il envoya à Médine était dans un coffre à la droite du portique qui avait été construit pour indiquer là où se tenait le prophète. On l’ouvrait le vendredi et le jeudi et on y lisait à la prière de laube. Quant à al-Mahdî, il envoya des codex de grand prix qui furent placés dans un coffre et l’on en écarta le codex dal-Hajjâj. On fit des pupitres pour y lire les codex dal-Mahdî, et l’on transporta le codex dal-Hajjâj dans son coffre, et on le plaça dans la travée qui est à la droite de la chaire.
Suit un ensemble dinformations diverses dont il ressort que le codex originel de ‘Othman nexiste plus.

Al Hajjaj détruit les recueils concurrents
al-Kindî, Risâla, texte p. 117 ; trad. G. Tartar, p. 190
Puis ce fut lintervention dal-Hajjâj b. Yûsuf qui ne laissa aucun recueil sans les saisir. Il en fit tomber bien des versets et il en ajouta d’autres qui, selon certains, étaient relatifs aux hommes des Banû Umayya et des Banû al-Abbâs, désignés par leurs propres noms. Une copie conforme à la recension voulue par al-Hajjâj fut faite en six exemplaires : un fut envoyé en Égypte, un autre à Damas, le troisième à Médine, le quatrième à La Mecque, le cinquième à Kûfa et le dernier à Basra. Quant aux autres recueils antérieurs, il les mit dans l’huile bouillante et les détruisit, imitant en cela `Othmân.

 `Abd-al-Malik Ibn Marwân collecte le Coran
Ibn al-`Ibri, Târîkh, p. 194 ; cité par A.-L. de Prémare dans les fondations de l’islam
`Abd-al-Malik disait : « Je crains de mourir durant le mois de ramadan : c’est durant ce mois que je suis né, durant ce mois que j’ai été sevré. C’est durant ce mois que j’ai collecté le Coran (jama’tu l-Qur’ân), et durant ce mois que les gens m’ont prêté allégeance. »

« On n’acceptait un passage que sur le témoignage de deux personnes attestant qu’il avait été inscrit en présence du Messager d’Allâh » (Al-Itqân, volume 1, p. 100)

Thaâlibî, Latâ’if al-ma`ârif; trad. angl. de C.E. Bosworth, p. 109; trad. de langlais A.-L. de Prémare
`Abd-al-Malik avait coutume de dire : «Je suis né durant le ramadan ; j’ai été sevré en ramadan ; j’ai achevé dapprendre le Coran par cœur (jama`tu l-Qur’ân) en ramadan ; j’ai atteint l’âge de la puberté en ramadan; j’ai été nommé gouverneur en ramadan ; je suis devenu calife en ramadan, et je crains de mourir durant ce même mois. »

Suite : conquête de l inde

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