Reconstruction par les qoréchites

Reconstruction de la kaaba par les qoréschites et Mohamed

Les ancêtres de Mohamed cumulaient les fonctions liées à la kaaba: Le `Hidjdba (garder des clefs de la Ka’ba), le Siqdya (distribuer l’eaux aux pèlerins), le rifada (offrir le repas aux pèlerins) et le niran (éclairer les pèlerins revenant d’Arafat)

 

Le temple de la Ka’ba n’avait pas été touché depuis le temps d’Abraham. La raison pour laquelle on le démolit fut la suivante : Abraham et Ismaël l’ayant construit entre deux collines, sur le sol plat, chaque fois que la pluie for­mait un torrent, L’eau entrait dans le temple. Depuis de lon­gues années on avait l’intention de le démolir, pour exhaus­ser le sol, afin d’empêcher l’eau de pénétrer dans l’édifice; mais personne n’avait osé y porter la main.

[…]

Mohammed dit : Maintenant que vous avez tous une part de l’honneur d’avoir soulevé la pierre, mettez-vous d’accord sur la personne qui devra la poser. Ils désignèrent tous unani­mement -Mohammed. qui prit de sa main la pierre et la posa sur le mur à la place qu’elle devait occuper. Ia maçonnerie du temple fut terminée, mais il restait à faire la toiture, et, à cette époque, il n’y avait à la Mecque ni bois, ni charpentier. Or un vaisseau marchand contenant du bois ayant abordé à Djeddah, les Mecquois achetèrent ce bois et chargèrent de la construction un charpentier copte, fixé à la Mecque.

Suivant une autre tradition, rapportée par Mohammed ben-Djarir d’après les récits du livre Moubteda, le Nedjàschi, le roi d’Abyssinie, désirait faire construire, à Antioche en Syrie, une église qui porterait son nom. A cet effet, ayant envoyé une personne pour évaluer les dépenses nécessaires et le bois qu’il faudrait, il rassembla tout le bois de petite et de grande dimension, coupé et préparé pour être mis en œuvre, le fit charger sur un grand vaisseau, y fit ajouter un surplus de bois, et fit monter sur le vaisseau d’habiles char­pentiers et un inspecteur, avec l’argent nécessaire aux dépenses. Il les fit donc partir pour la Syrie, afin d’y construire l’église. Il y avait en Syrie quantité de bois, mais le roi d’Abyssinie voulait y employer son propre bois, suivant un de ces caprices habituels aux rois. Ce vaisseau, passant près de Djeddah, échoua; le bois surnagea, les gens du vaisseau s’y placèrent, et le vent les porta à Djeddah, où ils abordèrent. Ils recueillirent et portèrent à terre tout le bois qui flottait à la surface de la mer.

Lorsque les habitants de la Mecque eurent connaissance de cet événement, Abou-Talib et les anciens de la ville se rendirent à Djeddah, et demandèrent à l’inspecteur de lui acheter ce bois au prix qu’il voudrait. Ils lui dirent : Vends-nous ce bois, et prète-noms ces charpentiers pour un salaire que tu fixeras; car nous sommes en train de reconstruire le temple de la Ka`ba, ce temple qui a été élevé à Dieu par Abraham. (tabari t2 ch LXVIII p384)

 

L’argent qui put être récolté fut insuffisant pour reconstruire l’édifice de la Kaaba en entier, selon les fondations de celle d’braham. Les Quraysh ne purent alors reconstruire qu’un édifice légèrement moins long, 6 coudées restant hors de l’édifice et restant dans la partie dite « Hijr » (ou « Hatîm »). Par ailleurs, afin de n’y laisser entrer que ceux des pèlerins qu’ils voudraient bien, les Quraysh avait surélevé la porte d’entrée de la Kaaba. C’est pour cela que Mohamed ne touchait que deux des coins de la ka’ba.

 

D’après `Abd Allâh, ibn Abu Bakr – en se référant à `A’icha, l’épouse du prophète – rapporta à `Abd Allâh ben `Umar que le messager de Dieu avait dit à celle-ci: « Ne sais-tu pas qu’en [re]construisant la Ka’ba, ton peuple n’avait pas suivi les fondations d’Abraham? – Et pourquoi ne la reconstruis-tu pas sur les fondements d’Abraham? – [Je l’aurais fait], si ce n’est que ton peuple vient juste de quitter la Dénégation. »

`Abd Allâh dit: «Puisque `A’icha a entendu cela du prophète, je crois que le messager de Dieu  n’embrassa les deux Rukn qui sont près du Hijr que parce que la reconstruction du temple ne fut pas terminée suivant les fondements d’Abraham. (bukhari :3368)

 

‘Aïcha a dit : L’envoyé de Dieu m’a dit : « Si ton peuple ne venait pas récemment de quitter le polythéisme, j’aurais détruit la Ka’ba et l’aurais reconstruite sur les fondements (de celle bâtie) par Abraham, car quand les Qoraychites avaient bâti la Maison, ils avaient réduit ses dimensions, et j’aurais également fait une porte par derrière ». (muslim :2367)

 

`Â’icha dit: «Le messager de Dieu m’a dit: « Si ton peuple ne venait juste de quitter la mécréance, j’aurais démoli le Temple pour le reconstruire de nouveau sur les assises d’Abraham  – Quraych s’était vue incapable de le reconstruire [en entier] – et lui aurais pratiqué un khalf (  porte). »» (bukhari :1585)

 

`Abd-ul-Lâh ben Muhammad ben Abu Bakr informa `Abd-ul-Lâh ben `Umar et ce en tenant la chose de `Â’icha, l’épouse du prophète – que le messager de Dieu lui avait dit : « N’as-tu pas remarqué que ton peuple, en reconstruisant le temple, n’a pas suivi les assises d’Abraham? »

[`Â’icha]: «Je lui avais dit alors: « O messager de Dieu! ne vas-tu pas le refaire en le posant sur les assises d’Abraham? – Je l’aurais fait, avait-il répondu, si ton peuple ne venait juste de quitter la mécréance. »»

`Abd-ul-Lâh ben `Umar dit: « Si `Â’icha avait entendu cela du Messager de Dieu …, eh bien! je crois que le messager de Dieu ne négligea d’embrasser les deux coins qui sont proches d’al-Hijr que parce que le temple ne fut pas entièrement posé sur les assises d’Abraham. (bukhari :1583)

 

Â’icha dit: «J’interrogeai le prophète sur al-Hijr: « Fait-il partie du temple? – Oui, répondit-il. – Et pourquoi ne l’ont-ils pas annexé au temple? – ton peuple ne disposait pas de l’argent nécessaire. — Et pourquoi sa porte est élevée? – Ton peuple a fait cela dans le but de faire entrer et sortir celui qu’ils voulaient. Et si ton peuple ne venait juste de quitter l’Ignorance et si je ne craignais que leurs cœurs ne désapprouvent que je fasse entrer al-Hijr dans l’ensemble du temple et que je rabaisse la porte jusqu’au niveau du sol… »» (bukhari :1584)

 

`Â’icha [rapporte] que le prophète lui dit: « O `Â’icha! si ton peuple ne venait juste de quitter l’Ignorance, j’aurais donné l’ordre de démolir le temple pour y faire introduire ce qui avait été sorti; je l’aurais en outre abaissé au niveau du sol en y pratiquant deux portes; une du côté de l’est et une autre du côté de l’ouest. Ainsi, je l’aurais posé sur les assises d’Abraham. »

D’autre part, c’est ce [hadîth] qui a poussé ibn az-Zubayr à démolir la Ka’ba…

Yazîd: J’étais témoin lorsqu’ibn az-Zubayr [donna l’ordre] de démolir et de reconstruire la Ka’ba en lui annexant une partie d’al-Hijr. Je vis [en la circonstance] les assises d’Abraham. C’était des pierres comme les bosses des chameaux.

Jarîr: je dis alors à Yazîd: « Où est sa place? – Je vais te la montrer maintenant. » En effet, j’entrai avec lui à al-Hijr et il m’indiqua un endroit en disant: « Ici. » J’estimai alors la distance à partir d’al-Hijr et je trouvai environ six coudées. (bukhari :1586)

 

J’ai entendu Jâbir ben `Abd-ul-Lâh dire que le messager de Dieu était en train de transporter des pierres avec les Mecquois [pour la restauration] de la Ka’ba. Il portait un ‘izâr quand son oncle paternel al-`Abbâs vint lui dire: « O fils de mon frère! pourquoi ne dénoues-tu pas ton ‘izâr pour le mettre sur les épaules afin qu’il te protège des pierres? » En effet, le prophète dénoua son ‘izar et le mit sur les épaules, d’où il tomba évanoui. Après cela, on ne le vit jamais nu.  (bukhari :364)

 

La kaaba des qoréchites contenait 360 idoles

Mohammed et Abou-Bekr eç-çiddiq étaient liés d’amitié. Abou-Bekr était un homme très-aimé parmi les Qoraischites, ayant de l’autorité, honnête et riche; il faisait le commerce. Quand il se tenait dans la mosquée, les hommes, jeunes et vieux, l’entouraient; il leur parlait, et ils écoutaient, et lui demandaient des conseils. Le cercle d’Abou-Bekr, dans la mosquée, était plus grand que celui d’Abou-Tàlib ou celui d’Abou-Djahl ou de Waild, fils de Moghaira. Mohammed choi­sissait toujours, quand il venait à la mosquée, le cercle d’Abou-Bekr et causait avec lui de ses affaires. Ceux qui entraient dans la mosquée faisaient d’abord les processions d’usage autour de la Ka’ba, adoraient une des idoles qui se trouvaient dans le temple, et venaient ensuite choisir une place dans un des cercles des grands personnages. Il y avait dans la mosquée de la Mecque trois cent soixante idoles, outre celles qui se trouvaient dans la Ka`ba, Hobal et Manàf, et d’autres. Toutes les idoles étaient de pierre et avaient la forme hu­maine; elles étaient couvertes de vêtements de différentes couleurs, de khalouq, de safran et d’autres aromes. Mohammed n’avait jamais adoré aucune idole. Lorsqu’il venait au temple, il faisait les tournées autour de la Ka’ba et allait ensuite s’asseoir auprès d’Abou-Bekr. Il était souvent dans la maison d’Abou-Bekr, et celui-ci venait aussi chez Mohammed. Quel­quefois Abou-Bekr lui disait en secret : Pourquoi, O Moham­med, n’adores-tu pas les idoles, comme font tous les autres? Mohammed lui répondait : Je ne peux pas me faire à la pensée d’adorer un objet que j’aurais gravé moi-même ou une image que j’aurais faite de mes mains, puisque je sais qu’il ne m’en peut venir ni dommage, ni avantage, et que c’est Dieu qui m’a créé et qui me conserve et me donne ma subsistance. Abou-Bekr répliquait. Tu as raison, ô Mohammed; la même idée s’est présentée à mon esprit; je ne sais pas quelle est cette religion dans laquelle nous vivons et dans laquelle vi­vaient nos pères depuis tant d’années. (Tabari ;T2 ch LXX P397)

Suite : Mohamed et la kaaba

 

 

 

 

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