la Mecque

Les peuples bibliques

« Le coran cite les peuples de ’Ad (edomites), Thamud (nabatéens) et Midian, qui sont tous du nord de l’Arabie. Les tribus descendant d’Ismaël sont aussi établies au nord de l’Arabie. Dans l’esprit des auditeurs de Muḥammad, il y a eu 3 époques de grandeur pour l’Arabie : la première lorsqu’elle fut unie sous la confédération d’Edom, connue sous le nom d’ ’Ad. Or Muḥammad ne parle d’ ‘Ad que depuis la ville sainte. La seconde époque  fut lorsque les tribus s’unirent sous l’autorité des midians, qui oppressèrent les peuples du nord. Or  Muḥammad parle des Midians quand il est à Médine. La troisième époque de puissance fut celle de l’unité autour du peuple Thamud de l’empire Nabatéen. Cette empire contrôlait l’Arabie mais aussi les terres jusqu’à Damas au nord, et le Neguev à l’ouest. Ce n’est pas par hasard que Mohamed fait référence à ces peuples anciens qui étaient présent à l’esprit de ses auditeurs du nord de l’Arabie ». (Dan Gibson)

Les peuples bibliques vers 800 avant JC, entre Egypte et Assyrie

Les qoréchites

« Les Qurayshites, originaires du Nord de l’Arabie, ne sont cités qu’une seule fois dans le Coran, dans la sourate 106. Cette courte sourate de quatre versets énigmatiques fait d’eux les serviteurs de la Demeure. Le Coran ne sait rien d’autre des Qurayshites. Ce sont les hadiths qui informent la tradition musulmane sur les fameux Qurayshites, famille d’origine de Muhammad (voir notre page de documents sur les peuples pré-islamiques et les qoréchites en Syrie). Les Coréites de la bible [Exode 6:21, Nombres 16] sont des Lévites, serviteurs du Temple [nombres 16:9], ils sont apparentés à Moïse mais se dressent contre lui (nombres 16). Ils sont punis et engloutis, mais la descendance de Coré reste au service du Temple (nombres 26 :11). De même, les Qurayshites sont la tribu de Muhammad et s’opposent violemment à lui et pourtant les successeurs de Muhammad devront provenir de cette tribu jusqu’à la fin des temps. Un Hadith affirme en effet que tous les Califes doivent descendre des Qurayshites. Pourtant  les plus farouches adversaires de Muhammad sont des Qurayshites. -Un de ses oncles Abû Lahab- Curieusement, ce personnage dont on ne sait rien d’autre, fait lui-aussi l’objet de condamnation divine dans la sourate 111. Lui aussi se voit reprocher sa fortune». (Leila Qadr, les 3 visages du coran I).

Selon le Midrash (Rabbah, Nb 18:15), Coré était un contrôleur dans le palais de Pharaon et était en charge des clés de ses trésors. Il était extrêmement riche et, selon le Talmud, les clés de ses trésors représentaient la charge de trois cents mules (Pes. 119a; Sanhédrin 110a).

L’histoire de la tribu des qoréchites, serviteurs de la kaaba, et opposés à Mohamed, ressemble fort à une réécriture de l’histoire de Coré (106, 40 :24, 29 :39 28 :76), serviteur du temple, et révolté contre Moïse. Reste à implanter cette tribu dans le décor d’où sortira le prophète.

Pétra ou la Mecque ?

Concernant la Mecque, « Les descriptions des textes fondateurs, parlent d’une «vallée», alors que La Mecque réelle n’est pas dans une vallée; de terres arables, de «saison des fruits», d’herbes et d’arbres, alors qu’on n’a pas retrouvé de trace d’activités agricoles ou de végétation éteinte dans la région; de «murailles» dont on n’a aucuns vestiges; de «montagnes» et de longues pérégrinations entre elles, alors que les sommets en question ne sont distants que de 450 mètres et ne dépassent le niveau du terrain naturel que de quelques mètres; de «défilés» donnant accès à la ville, alors qu’il n’en existe pas à La Mecque réelle; d’une «mère des cités» et d’un grand carrefour caravanier abritant des dizaines de milliers d’habitants, alors que personne ne connaissait son nom à l’époque ». (Alain Jean-Mairet)

D’après les recherches du linguiste et Moyen-orientaliste canadien Robert Kerr,  l’alphabet utilisé dans les plus anciens manuscrits connus du coran montre plutôt que le livre fondateur de l’Islam apparut dans la région actuellement couverte par la Jordanie, la Syrie et l’Irak (que les romains nommaient l’Arabie Petrée) et non à La Mecque ou à Médine. (http://blog.sami-aldeeb.com/2014/09/07/le-coran-na-pris-naissance-ni-a-la-mecque-ni-a-medine/)

La sourate Al hijr raconte l’histoire de la ville de Petra (la vallée des pierres), victime d’un tremblement de terre. Cette cité nabatéenne située au sud de l’actuelle Jordanie fut prospère grâce à sa position sur la route des caravanes transportant l’encens, les épices et d’autres produits précieux entre l’Arabie du Sud, l’Égypte, la Syrie et la Méditerranée. Vers le VIIIe siècle, la modification des routes commerciales et plusieurs séismes (363, …) entraînèrent l’abandon progressif de la ville.

Ils se confondaient dans leur délire. Alors, au lever du soleil le cri (la catastrophe) les saisit. Et nous renversâmes [la ville] de fond en comble et fîmes pleuvoir sur eux des pierres d’argile dure. (15 :72) Certes, les gens d’al-Hijr ont traité de menteurs les messagers. Nous leur avons montré nos miracles, mais ils s’en étaient détournés. Et ils taillaient des maisons dans leur montagnes, vivant en sécurité. Puis, au matin, le cri les saisit. (15 :80)

Dan Gibson dans son livre « Qur’ānic Geography »  analyse en détail les traditions musulmanes et, en en donnant de nombreuses citations, il démontre que la ville sainte où est né l’islam de Mohamed ne peut être La Mecque, qui n’est devenue centre cultuel qu’après la mort de Mohamed, et suite à la rébellion de Zubayr contre les califes omeyades. En analysant les orientations des mosquées des 100 premières années de l’islam, il montre qu’elles ne pointent ni vers Jérusalem ni vers La Mecque mais vers Pétra (y compris la mosquée al Aqsa de Jérusalem !). Il montre alors que les sources musulmanes, littéraires et historiques, sont compatibles avec cette localisation à Pétra de la ville sainte originale.

Les changements de qibla

Dans les temps préislamiques, les qorechites priaient vers leur lieu de culte patrimonial, la ka’ba de leur ville sainte, Pétra, ville où ils enterraient leurs morts.

Lorsque Mohamed arriva à Médine, il se mit à prier vers Jérusalem, comme les nazaréens (Tabari t2 LXXXVII). Le coran indique un  changement de qibla pendant la vie de Mohamed : « Certes nous te voyons tourner le visage en tous sens dans le ciel. Nous te faisons donc orienter vers une direction qui te plaît. Tourne donc ton visage vers la maison sacrée. Où que vous soyez, tournez-y vos visages ». (2 :143-145 ) Mais ce verset ne précise ni le lieu de l’ancienne qibla ni celui de la nouvelle, et surtout ce verset n’est pas dans les plus anciens recueils du coran ! Puis les sources musulmanes précisent le verset en affirmant que Muḥammad changea la qibla de Jérusalem vers La Mecque. (Ṭabarī VI 1218 p131) mais cela est écrit 300 ans après la mort du prophète. Et lorsque les traditions mentionnent la kaaba, de quelle kaaba s’agit-il, celle de Pétra ou celle de la Mecque ? et quand ils parlent de Syrie, est-ce Pétra ou Jérusalem ?

Si le verset 2 :145 date bien du temps de Mohamed, il correspond au changement de qibla de la kaaba patriarcale de Pétra vers Jérusalem, comme les nazaréens.

Après la prise de Jérusalem par Omar et le rejet des nazaréens, on peut supposer que les musulmans soient revenus, à leur qibla patriarcale, vers Pétra. (l’expression « en tous sens » du verset prend alors tout son sens) La preuve en est ce qu’écrivait l’évêque Jacob d’Edesse (633-708) qui écrivait quelques dizaines d’années après la mort de Mohamed : « Les Juifs qui vivent en Egypte, de même que les Mahgraye [équivalent araméen de l’arabe muhajirun] là, comme je le vis de mes propres yeux et veux vous l’exposer maintenant, prient vers l’est, et ces deux peuples continuent à faire ainsi : les Juifs vers Jérusalem et les Mahgraye vers la Ka’ba … les Mahgraye qui sont en Babylonie prient vers l’ouest, vers la Ka’ba, et ceux qui sont au sud de la Ka’ba (…)  prient vers le nord, vers ce lieu. Bref, de tout cela il est clair que ce n’est pas vers le sud que les juifs et les mahgraye d’ici dans les régions de Syrie prient, mais vers Jérusalem ou vers la Ka’ba, les lieux patriarcaux de leur race » On remarque que les musulmans de Babylone prient vers la ka’ba qui est à l’ouest, et ce n’est ni Jérusalem ni la Mecque.
Si le verset 2:145 est un ajout tardif, ce qu’il est vu son absence des anciens corans, il correspond au changement définitif de qibla, suite au déplacement de la pierre noire de Pétra à la Mecque par Zubayr. (voir notre page sur les qiblas)

Le transfert de la pierre noire de Pétra à la Mecque par Zubayr

Dan Gibson montre que ce changement de qibla de Pétra vers La Mecque (présenté dans les traditions comme un changement de Jérusalem vers La Mecque) correspond, bien après la mort de Muhammad,  à l’époque de la rébellion de Abdullâh ibn uz-Zubayr (fils d’Asmaa, la fille d’Abu Bakr) contre les califes de Damas Muawiya, Yazid puis Abd al Malik. Durant cette rébellion on constate des changements majeurs  dans l’idéologie, et une accentuation de la fusion du religieux et du politique, changements entérinés par ceux qui finalement materons la rébellion : invention du prophète comme modèle et inspirateur du croyant comme du commandeur de la communauté des croyants, création de la Mecque comme signe universel de l’unité des musulmans, diffusion du coran comme référence de la loi.

Voici, en suivant les éléments donnés par les traditions musulmanes, la chronologie probable, les datations de chaque événement étant approximatives selon les sources, même d’un même auteur :

  • En 61 AH (681) après la défaite et la mort de al Husseyn ibn Ali à Kerbala, Zubayr refuse de donner son allégeance à Yazid et reçoit secrètement celle des qoréchites dans la ville sainte (Pétra) (Tabari XIX 397 p190)
  • En 64 AH (684) la ville sainte (Pétra) est attaquée sans succès par les troupes omeyades avec un trébuchet (Tabari XIX 426 p223-224)
    La kaaba est endommagée, Zubayr la rase jusqu’au sol et abrite la pierre noire dans une bande de soie dans un coffre (Ṭabarī XX 537 p122)
    Kufa se rebelle à son tour et accepte de suivre Zubayr
  • Les pèlerinages sont perturbés
    L’autorité de Zubayr couvre alors le Hedjaz, le Machreq et l’Irak. Repliés sur la Palestine, les Banû Umayya et ceux qui sont de leur côté refusent de faire allégeance à Ibn uz-Zubayr, et font allégeance à Abd ul Malik, dont l’autorité s’étend à la Syrie, à l’Egypte et au Maghreb.
  • 65 AH (685) Zubayr annonce avoir retrouvé les fondations de la maison d’Abraham (à la Mecque) où il reconstruit la kaaba. Il y intègre la pierre noire de Pétra, réalisant ainsi ce qu’il avait entendu Aïcha relater des souhaits du prophète : remettre la kaaba sur les fondations d’Abraham, en y incluant le hijr et en y faisant deux portes surélevées (Tabari XX 593, p 176). En quelque sorte, comme les juifs déplaçaient l’arche d’alliance contenant la thora, il a déplacé la kaaba contenant la pierre noire.
  • 66 AH (686) Première mention écrite du nom de Muhammad sur un document officiel : Zubayr et les siens font frapper à Bishapur des pièces marquées d’une profession de foi primitive, incomplète : « Au nom d’Allah, Muhammad est le messager d’Allah »
  • L’année 70 AH (689) tient curieusement une seule demi page chez Tabari en comparaison des autres années (Tabari XXI 797 p169), on y apprend que le frère de Zubayr est allé à la Mecque avec beaucoup d’argent, de chevaux, de chameaux et de bagages. Il n’est pas précisé d’où il vient. Ce pourrait être le transfert de la pierre noire, a moins plutôt qu’il n’ait été effectué par Zubayr en 65 AH.
  • En 72 AH, Pour remplacer la kaaba inaccessible, et relancer les pèlerinages, construction d’une mosquée centripète à Jérusalem (le dôme du rocher), sans mur de qibla, sur laquelle sont les premières citations écrites du coran et une chahada plus complexe (« il n’a pas d’associé »).
  • En 73 AH (692) al-Hajjâj, aux ordres de Abd ul-Malik, assiège la ville sainte (la Mecque) et la prend. Zubayr est tué. (Tabari XXI 844 p 224). Ayant constaté que l’apparence de la Kaaba (de Pétra) a été modifiée suite au 1er siège, il écrit au calife Abd ul-Malik ibn Marwân pour lui demander ce qu’il doit faire. Le calife omeyyade lui ordonne de redonner à l’édifice sacré la forme qu’elle avait auparavant. Il restaure donc la kaaba (de Pétra), mais la pierre noire reste à la Mecque.
  • Les pèlerins commencent à visiter la Mecque, certains continuent à fréquenter Pétra.
  • vers 78 AH (700), Diffusion du coran de Hajjaj avec les voyelles et les accents, et avec le verset tardif du changement de qibla (2 :145)
  • En 82 AH construction à Amman de la première mosquée dirigée vers la Mecque
  • vers 89 AH (709), la direction de la qibla est rendue visible par l’institution de la niche (mihrab)
  • En 94 AH puis en 128 AH un tremblement de terre détruit Pétra et annihile tout espoir d’y ramener la pierre noire.
  • En 122 AH La Mecque est citée pour la 1ère fois dans un document non musulman : « Continuatio Byzantia Arabica »
  • En 132 AH toutes les mosquées pointent vers la nouvelle qibla
  • Les recueils de hadiths ne seront constitués qu’en 250 AH


Jusqu’à la réforme d’Abd al Malik en 77 AH (698) la monnaie des califes était inspirée de la monnaie des empereurs byzantins, avec même des croix, il n’était pas encore question de « briser les croix et abattre les porcs », puis : plus d’image, chahada, mention de la date.

L’islam n’est pas né à la Mecque mais à Pétra

Dan Gibson énonce ainsi sa conclusion : « L’islam fut fondé au nord de l’Arabie, dans la ville de Pétra. C’est là que la première partie du coran fut révélée avant que les croyants ne soient obligés de se réfugier à Médine. Ainsi, le prophète ne mit jamais les pieds à La Mecque, ni les 4 premiers califes bien guidés. La Mecque ne fut jamais un centre de culte dans les temps anciens et ne faisait pas partie des anciennes routes commerciales en Arabie. Tout au long de l’histoire les arabes firent des pèlerinages à la ville sainte de Pétra, qui contient de nombreux temples anciens et d’églises. C’est à Pétra que 360 idoles furent retirées des décombres après un tremblement de terre et mise dans un lieu de sauvegarde. C’est à Pétra que Muhammad ordonna la destruction de toutes ces idoles sauf une, la pierre noire. Cette pierre resta dans la kaaba de Pétra jusqu’à ce qu’elle fut emmenée par les fidèles de Ibn al-Zubayr jusqu’au fin fond de l’Arabie dans le village de La Mecque pour la préserver des armées omeyades. Et aujourd’hui c’est vers cette pierre que les musulmans se prosternent plutôt que vers leur ville sainte et la qibla que Muḥammad leur avait donné. »


Pétra (tiré de Qur’anic Geography)


La Mecque (tiré de Qur’anic Geography)

Voici les faits qui appuient cette conclusion (la plupart sont extraits de l’argumentation de Dan Gibson, qu’il illustre par de nombreuses citations des sources musulmanes) :

  • Les mosquées des 100 premières années ne pointent ni vers Jérusalem ni vers la Mecque mais vers Pétra. C’est évidemment l’argument majeur, qu’il faudrait expliquer.
  • L’expression du coran « la mère des cités » (6 :92) sous-entend une ville importante, connue de toute antiquité, or La Mecque n’apparait sur les cartes qu’après 900. Ptolémée (90-168) parle d’une Macoraba, mais ce n’est pas la même racine. Par contre il y a une Maqarib près de Yatrib, qui est plus proche de l’endroit spécifié par Ptolémée. Aujourd’hui, Macoraba est abusivement assimilé à la Mecque par les autorités saoudiennes.
  • La Mecque n’est jamais citée par les auteurs anciens ni dans les documents des royaumes voisins avant 740 (dans Continuatio Byzantia Arabica), ni même dans la charte de Médine, conclue à Médine entre Mohamed et divers tribus ! Si c’était vraiment un centre caravanier et commercial,  il devrait en être question dans les écrits de leurs clients. Rien de cela avant le IXème siècle.
  • Il n’y a à la Mecque aucun élément archéologique référencé datant d’avant 900.
  • La ville sainte est décrite par les traditions musulmanes comme un centre de routes caravanières. Le grand père, le père et l’oncle, de Mohamed sont cités comme en partant régulièrement pour des voyages de commerce en Syrie (voir notre page sur le commerce des qoréchites). Le coran le confirme en 37 :133-138 en affirmant qu’ils passaient matin et soir devant le tombeau de Loth. Mohamed lui-même mène la caravanes de Khadidja en Syrie, avant de l’épouser (voir notre page sur Khadidja) et avait des propriétés en Syrie. Depuis Médine, Les troupes de Mohamed attaquent les caravanes mecquoises (Tabari VII p110). Mais, située à grande distance de tout, au milieu d’un désert, la Mecque se trouve dans un environnement inhospitalier sans ressources alors que les routes convergent au nord de l’Arabie.
  • Le coran et les hadith situent la ville sainte dans une vallée (48 :24, Bukhari 3 :891, 4 :583) et évoquent clairement une autre vallée avec un cour d’eau entre Safa et Marwa (Bukhari 2 :685). Ce n’est pas du tout le cas de la ville de la Mecque.
  • La ville sainte est décrite comme entourée de montagnes d’où l’on peut observer l’intérieur de la ville (Ishaq 939 p25). Ce n’est pas le cas de la Mecque qui est dans une zone plate et dont les montagnes avoisinantes sont à plusieurs kilomètres, avec une pente douce.
  • La ville sainte était accessible par deux défilés étroits entre les montagnes, l’un dans la partie haute l’autre dans la partie basse (Bukhari 2 :820, Tabari VIII 1531 p71-72). C’est le cas à Pétra, un cours d’eau suit les défilés et traverse la ville le long de la route à colonnade, mais c’est complètement incohérent à la Mecque. Or il est dit que Mohamed a utilisé un de ces défilés pour surprendre la ville sainte (Bukhari 3 :891).
  • La ville sainte avait des murs de fortifications (Isḥāq 823,p 554). C’est le cas à Pétra, mais pas à la Mecque.
  • Les traditions rapportent qu’Hagar a difficilement escaladé les pentes raides des monts Safa et Marwa, séparés par une vallée (Bukhari 4 :583, Fiqh us-Sunnah 5:85). Certains mettaient 3 jours pour effectuer les 7 aller et retour rituels entre ces 2 monts (Fiqh us-Sunnah 5:88a). Les traditions rapportent aussi qu’elles étaient assez hautes pour servir de points d’observation pour la défense de la ville (Abu Dawoud 750, Bukhari 6 :495, Fiqh us-Sannah 5:90). Enfin, il est dit qu’elles étaient surmontées chacune d’une idole (Fiqh us-Sunnah 5:86, Isḥāq 56, p 30), qu’il y avait une grille et des marches, dont il ne reste aucune trace des soubassements. Or ce ne sont à la Mecque que deux rochers séparés de 500m et englobés aujourd’hui dans le bâtiment de la mosquée.
  • La ville sainte est décrite comme ayant une partie haute et une partie basse, reliées par une route (Bukhari 2 :645, 2:647, 2:657, 2 :815, 5 :586, 4 :227, 4 :231). La Mecque est intégralement plate.
  • Au détour des récits de la tradition, il apparait qu’il y avait aux environs immédiats de la ville sainte de l’herbe, des arbres, des raisins, des fruits, des champs cultivés, de la terre et de l’argile, toutes choses difficiles à imaginer à la Mecque. (Bukhārī 4:281, 9:337, Ṭabarī VI :1079, Tirmidhi 1535) Avec les très faibles chutes de pluie, cette description florissante de la Mecque, en particulier ses prétendues plantations, entre en contradiction totale avec les possibilités désertiques du site et même avec le coran J’ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans agriculture, près de ta maison sacrée [la Kaaba] (14 :37). A Pétra on trouve des aqueducs et des citernes.
  • La ville sainte était suffisamment florissante pour produire en plusieurs occasions des armées importantes, d’après Tabari, de l’ordre de 200 cavaliers, 3000 soldats, 2000 chameaux.
  • Les sources juives ne désignent pas l’Arabie du sud comme lieu de séjour d’Abraham, qui y apparait s’arrêter bien au nord. Et, selon la genèse, Ismaël a grandit à Paran, le berceau traditionnel du peuple Nabataéen, proche de Pétra. (Genèse 21 :13-21)
  • La ville sainte était, comme tout lieu de culte, « masjid al haram », c’est-à-dire un lieu de sécurité où la guerre était interdite, de même que l’abattage d’animaux (même pour les sacrifices) (Tabari XXI :654, XX :430) ou la récolte de quoi que ce soit (Bukhārī  1 :104, 2 :432)). On y enterrait les morts et c’était un lieu de pèlerinage, 2 par an : le petit (umra) et le grand (hajj) (2:158,196, Tabari VI p12) pour y célébrer un repas familial en l’honneur des disparus. Le grand père, le père et Mohamed lui-même effectuaient ces pèlerinages (voir notre page sur les rites préislamiques) et honoraient les 360 idoles de la kaaba (Ṭabarī 3:658, 2 :671, 6:244) dont la pierre noire (Tabari VI : 1075, Isḥāq 54,p 37). L’enceinte de la zone interdite était marquée par des stèles de pierre qui allaient jusqu’au mont Arafat (Ibn Isḥāq). Or à la Mecque ce mont est à 18 km et il n’y a pas de stèle délimitant l’enceinte.
  • La partie haute de la ville sainte contenait la caverne de Hira où Mohamed a eu ses révélations (Isḥāq 148, p 102). Hira est loin de la Mecque, sur le jebal nour, sous Jebal Marwān et Khandima.
  • Dans la ville sainte, les qorechites jouaient à des jeux de chance avec des flèches et des dés (Bukhārī 2 :671). A Pétra il y a de nombreux tableaux de jeux gravés dans la pierre, pas à la Mecque.
  • Il est dit que Mohamed avant de quitter la ville sainte pour Médine a conclu un pacte à Aqaba, mais n’est-ce pas l’Aqaba du bout de la mer rouge, près de Pétra ?
  • Pétra n’est jamais mentionnée ni dans le coran ni dans les hadiths, comme si elle n’existait pas, comme si on voulait la cacher. Pourtant il y a bien eu une qibla patrimoniale vers cette ville, désignée par les premières mosquées. Et donc à un moment il a bien fallu la quitter.
    Lorsqu’il parle de la ville sainte ou de la kaaba, le coran est ambigu car il parle de la ville de sécurité (95 :1), « La maison » (bayt), « La maison sacrée » (14 :37) ou « l’ancienne maison » (22 :29-33), prouvant par là qu’il y en a plusieurs, l’ancienne étant Pétra et la nouvelle la Mecque.
  • « la sainte maison » et « bayt al maqdas » désignent autre chose que la kaaba de la Mecque, car les traditions les distinguent dans la même phrase (Bukhari 1 :392, 6 :13) et désignerait donc soit Pétra soit plutôt Jérusalem. De même l’expression ambiguë « la Syrie »  désignerait soit Jérusalem soit plutôt Pétra.
  • D’après les traditions « La mosquée la plus éloignée » (al Aqsa) désigne Jérusalem et « la mosquée interdite » (al Haram) la Mecque.
  • La ville sainte est appelée Bacca dans le coran (3 :96) c’est-à-dire la vallée des larmes, car une calamité quelconque y est survenue. En l’occurrence il s’agit des tremblements de terre de Pétra (Tabari XXIII,1256). Aucune calamité notable à la Mecque.
  • La Mecque n’est citée qu’une fois dans le coran, dans une des dernières sourates révélées : « C’est Lui qui, dans la vallée de la Mecque, a écarté leurs mains de vous, de même qu’Il a écarté vos mains d’eux, après vous avoir fait triompher sur eux.» (48 :24). mais la sourate 48 :22-27 décryptée raconte l’épisode de 614, lorsque les perses ont remis Jérusalem non pas à leurs alliés arabes mais aux juifs : ce n’est pas le val de Makka, c’est le val de Bakka qu’il faut lire, les arabes n’ont pas été refoulés de la Mecque, mais du val de Bakka, aux abords de Jérusalem, en changeant quelques noms et au prix de quelques insertions, la sourate 48 a changé de sens.
  • Le nom Makka vient peut être de « mak », un mot commun construit sur la racine « MK » et qui signifie en hébreu et en araméen : « creux », « bas », « fondation », « base », « soubassement » etc… C’est donc une description d’un site situé “en bas”. Or dans le Talmud, l’emplacement du sanctuaire de Jérusalem est désigné comme « Le nombril du monde » et « La roche de fondation » ! Il s’agirait peut être des fondations du Temple de Jérusalem.

Quelques arguments concernent l’étude des mouvements des uns et des autres :

  • Lorsque les qorechites attaquent Médine, ils viennent du nord, et lorsque Mohamed part attaquer la Mecque, il part vers le nord (Tabari VIII p 42). Et les batailles ont toutes lieu au nord de Médine. Or, La Mecque est au sud de Médine.
  • Pendant les campagnes au nord de Médine, certains compagnons de Mohamed font un détour pour aller faire un rapide pèlerinage ou gérer des affaires à la ville sainte (Ṭabarī VIII p 126). C’est inenvisageable si c’est la Mecque, vu la distance et le désert.
  • Apres la bataille de Muta (au nord de Pétra), Mohamed décide d’attaquer la ville sainte puis les Hawazin (au nord de Kaybar) (Ṭabarī VIII 1619 p 160). Cela fait un improbable aller et retour à la Mecque.
  • Pendant le siège de la ville sainte rebellée de Zubayr, le calife meurt à Damas. Un messager de Damas porte la nouvelle pour ordonner à l’armée de revenir prêter allégeance au successeur. mais celui-ci meurt 40 jours après son père. (Al Ṭabarī, XX 432 p5, XX 430 p2) Le messager et l’armée n’ont pas eu le temps de faire le trajet (sauf si c’est Pétra) pour permettre le retour et l’allégeance avant la mort du nouveau calife ; d’ailleurs les traditions ultérieurs sont passés à 3 mois au lieu de 40 jours.
  • A Pétra on a retrouvé des pierres de trébuchet entre deux tremblements de terre (551 et 713) c’est-à-dire correspondant à l’attaque des omeyades contre la ville sainte.

Lorsque le coran semble parler de la Mecque (et les traducteurs-commentateurs rajoutent abusivement son nom entre parenthèse), il s’agit en fait de Jérusalem ou de Pétra puisque la Mecque n’existait pas encore. Ils ajoutent de même d’autres noms propres, selon les besoins de leurs commentaires.

De même que le coran a été créé ex nihilo, sans référence explicite à aucune source judaïque ou chrétienne, la Mecque a été créée en un lieu choisit sans passé ni juif, ni chrétien, ni arabe, pour servir de base à cette religion indépendante, la religion d’Abraham, dont la circoncision et le sacrifice seraient les piliers, et on a donc greffé à la Mecque un passé fictif de traditions millénaires destinées à prouver la filiation à Abraham : l’abandon d’Hagar et Ismaël par Abraham en plein désert (Bukhārī 4.583 à comparer à Genèse 21:14-21 au nord à Beersheba), le puits zemzem d’Hagar, la kaaba temple cubique construit par Abraham et Ismaël (2 :127, 3 :95, 22 :26) à l’endroit où Adam avait planté sa tente, le mont Abu Kubays où Adam est enterré, la tombe d’Hagar, le mont Arafat où Adam et Eve ont reçu le pardon de dieu ,… (voir notre page sur Abraham et Hagar)

Voir la vidéo de Dan Gibson : https://youtu.be/iDk4iUlNpxI
Il faut lire absolument la 6ème partie du livre : Qur’anic Geography de Dan Gibson (version pdf)
Voir aussi http://davidbelhassen.blogspot.fr/2017/05/ou-se-trouve-la-mecque-selon-le-coran.html

Suite : La kaaba

 

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